Résumé de la Paracha VAYAKHEL-PEKUDÉ- CHABBAT HAHODECH
Moise rassemble le peuple et renouvelle le commandement d’observer le Chabbat. Il transmet alors les instructions divines concernant l’édification du Tabernacle. Le peuple donne en abondance les matériaux nécessaires.
Une équipe d’artisans construit le Tabernacle et fabrique ses ustensiles: les tentures attachées par des agrafes d’or, des poutres en bois de chittim recouvertes d’or et leurs socles d’argent, le Paro’het (le Rideau) séparant les deux chambres du Sanctuaire, le Masa’h (le voile) à l’entrée de la Tente; et l’Arche avec les chérubins, la Table recouverte d’or et sa bordure en or, le Chandelier à sept branches et son huile, l’Autel des encens, l’Huile d’Onction et l’Autel des sacrifices, la cuve et son piédestal faite avec les miroirs de cuivre apportés par les femmes. Betsalel, Aholiab et leurs assistants façonnent les huit vêtements sacerdotaux - le tablier, le pectoral, le manteau, le diadème, le turban, la tunique, la ceinture et le pantalon - suivant les instructions reçues par Moïse. Celui-ci érige Tabernacle et le consacre en lui apposant l’huile d’onction ainsi qu’à ses ustensiles. Il initie Aaron et ses quatre fils dans la prêtrise, les revêtant de leurs habits et en les oignant. Alors, « la nuée couvrit la tente d’assignation et la gloire de l’Eternel emplit le Tabernacle» .
Les quiz de la semaine
1. En quel jour Moïse rassembla le peuple ?
2. Pourquoi les princes tardèrent-ils à apporter leur offrande ?
3. Quelle image était tissée dans la tenture de la parokhet ?
4. Le Kiyor (la cuve) était tapis de miroirs de cuivre, d’où provenaient-ils ?
5. Combien de personnes ont contribué au don du demi-sicle ?
6. En quel jour le Michkan fut-il monté sans être ensuite démonté ?
Commentaire de la Paracha VAYAKHEL-PEKUDÉ- CHABBAT HAHODECH
Texte: Chémot 35:1-40:38
Dans la Paracha de cette semaine, Moise précise au peuple les commandements liés au Chabbat. Le « traité chabbat » détaille trente-neuf catégories d’activités qui ne sont pas permises durant le chabbat, Pourtant une seule, celle consistant à allumer un feu est explicitement proscrite par la Torah : « Vous ne ferez point de feu dans aucune de vos demeures en ce jour de repos » (ex 35 :4). On peut se demander la raison de cette focalisation sur l’allumage du feu.
Le contrôle du feu distingue l’homme de l’animal. De plus, la maitrise du feu a été à l’origine des avancées scientifiques et des innovations technologiques de l’humanité. Le feu est le symbole de notre emprise sur la nature. Aujourd’hui plus que jamais, les sources d’énergie comme le pétrole sont vitales pour le fonctionnement de notre société.
Or, quel est le message central du chabbat ? En nous abstenant de travailler durant ce jour, nous reconnaissons que D.ieu est le créateur du monde. On pourrait penser que seul le monde de la nature est l’œuvre de D.ieu. Il n’en est rien. En nous abstenant d’allumer un feu le chabbat dans nos maisons, nous acceptons que les progrès scientifiques et technologiques de l’humanité fassent aussi partie de la création et de l’objectif de la création. Nous aurions été incapables de les réaliser si D.ieu ne nous en avait pas donné les moyens.
On peut se demander alors pourquoi la torah limite l’interdiction de faire du feu au périmètre de « nos demeures ». Est-il donc permis de faire du feu ailleurs ?
Le talmud (chabbat 20a) explique que l’allumage du feu est interdit dans les habitations privées mais qu’il est permis dans le temple. On peut se demander pourquoi.
Le temple était un point focal de la prophétie et de la révélation divine. Le feu utilisé dans le temple nous pose la question de la manière dont nous utilisons notre inventivité et notre technologie et nous rappelle que les progrès de la science doivent servir à améliorer le monde.
En nous permettant de manipuler le feu dans le temple le jour du chabbat, D.ieu indique qu’il veut que nous utilisions nos dons intellectuels dans l’esprit de ses propres actes de création et en accord avec ses directives d’intégrité et de sainteté.
« S’ils le désirent les justes peuvent créer des mondes » affirme le talmud (Sanhedrin 65b). Conscients de notre extraordinaire potentiel, mettons nos talents au service de causes justes. Lorsque l’humanité atteindra la perfection éthique la justice guidera toutes nos actions et les avancées scientifiques s’inspireront de la morale divine.
d’après Rav Kook http://www.ravkooktorah.org (réed 5783)
Commentaire de la Haftara VAYAKHEL-PEKUDÉ- CHABBAT HAHODECH
Texte: Ko amar Ad. Ezékiel 45:18-46:15
La haftara de cette semaine est tirée du livre d'Ézéchiel qui se situe dans le contexte dramatique de l’exil à Babylone au VIᵉ siècle avant notre ère. Le prophète Ézéchiel parle à un peuple privé de son Temple et confronté à une crise spirituelle profonde.
Dans les derniers chapitres du livre (40-48), il reçoit une vision d’un Temple restauré et d’un ordre religieux renouvelé. Cette vision ne décrit pas seulement un bâtiment, mais une société réorganisée autour de la sainteté et du service divin. Le passage de la haftara décrit l’organisation du culte futur : les sacrifices des fêtes, le rôle du prince et la régularité du service rendu à Dieu. Le texte souligne l’importance des temps sacrés qui structurent la vie religieuse d’Israël. C’est dans ce cadre qu’apparaît ce verset : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : La porte du parvis intérieur tournée vers l’orient sera fermée pendant les six jours ouvrables, mais elle sera ouverte le jour du sabbat et elle sera ouverte le jour de la nouvelle lune » (Ez 46,1).
Ce verset est cité dans le Talmud : Tractate Soferim (17:9), un des « petits traités » de la littérature talmudique, et discute principalement des règles relatives à l’écriture des textes sacrés, à la lecture publique de la Torah et aux coutumes liturgiques. Les Sages discutent de l’ordre des lectures bibliques dans la synagogue et des cas où la lecture hebdomadaire est interrompue pour des lectures spéciales : nouvelle lune, fêtes ou jeûnes. Ils expliquent notamment que lorsque la nouvelle lune tombe un jour de Shabbat, on lit comme haftara ce passage d’Ézéchiel évoquant l’ouverture de la porte du Temple. Le verset sert donc à justifier le choix liturgique : puisqu’il mentionne à la fois le Shabbat et la nouvelle lune, il relie la lecture synagogale à la vision prophétique du Temple.
Cela montre que même sans temple la communauté continue de vivre selon le rythme sacré du calendrier. De nos jours la prière et la lecture publique ont remplacé symboliquement le service du Temple. La porte qui s’ouvre le jour du Shabbat et de la nouvelle lune projette l’idée que certains moments ouvrent un accès particulier à la présence divine.
La leçon est que le temps sacré transforme la vie humaine. En sanctifiant le Shabbat et les fêtes, l’homme ouvre périodiquement dans son existence une porte vers Dieu.
Cela nous rappelle que la spiritualité se construit aussi dans la fidélité aux rendez-vous du temps.
sources diverses)
Réponses aux quiz
1. V35 .1 Le lendemain de Yom Kippour (après que D.ieu ait pardonné la faute du veau d’or et donné les 2èmes tables).
2. V35 :27. Ils ont pensé qu’il valait mieux laissé au peuple exprimer sa générosité, eux-mêmes pouvant compléter ce qu’il manquerait. La Thora montre qu’elle désapprouve ce comportant en omettant le Youd de leur titre ‘Néssiim ».
3. V 36 :35. Des chérubins.
4. V 38 :8. Ils servaient aux femmes des hébreux en Egypte à se faire belles pour séduire leur mari, ce qui a permis au peuple de se multiplier.
5. V38 :26. 603.550, tout homme de plus de vingt ans
6. Le 1er Nissan de la deuxième année après la sortie d’Egypte. Les 7 jours précédents Moïse l’avait monté puis démonté
