Les textes de la semaine : Chabbat KORAH

Résumé de la Paracha KORAH

Kora’h incite à la révolte, contestant la primauté de Moïse et que la prêtrise ait été confiée à Aaron. Il est accompagné par deux vieux ennemis de Moïse : Dathan et Abiram.

A eux se sont joints 250 membres distingués de la communauté, qui offrent le Ketoret (l’encens consacré) voulant ainsi prouver qu’ils seraient dignes de la prêtrise. Mais la terre s’ouvre et engloutit les mutins. Un feu consume ceux qui ont voulu offrir l’encens.

Une plaie s’ensuit : Aaron l’arrête en offrant le Ketoret. Son bâton fleurit miraculeusement et produit des amandes. C’est la preuve que sa désignation comme Grand Prêtre relève d’un ordre divin.

D.ieu commande qu’une teroumah, un prélèvement, soit opérée au profit des prêtres sur chaque récolte de grain, d’huile et de vin, sur les premiers-nés du bétail et que des cadeaux particuliers leurs soient donnés

 

Les quiz de la semaine

 

1. Quelle est la motivation de Korah ?
2.. Quel est l’avertissement donné par Moché aux rebelles concernant l’encens ?
3.. Quels pays sont-ils désignés comme « terre où coulent le lait et le miel » ?
4.. À partir de quel âge un homme est-il redevable de ses actes devant D-ieu ?
5.. Pourquoi le bâton de Aharon fut-il placé au milieu des autres bâtons ?
6.. Pourquoi l’alliance de D-ieu avec les cohanim est-elle désignée par l’expression « Alliance de sel » ?

Commentaire de la Paracha KORAH

Texte: Bamidbar 16:1-18:32

La paracha de cette semaine dépeint la révolte menée par un homme brillant et influent, Korah, contre l'autorité de Moïse et d'Aaron.
Cet épisode met en lumière une idée fondamentale : une grande intelligence, une immense fortune et des origines prestigieuses ne suffisent pas à réussir sa vie. Au contraire, lorsque le savoir et le statut social sont déconnectés du cœur, ils peuvent nourrir un orgueil destructeur. Cet orgueil se traduit souvent par une vieille dérive humaine : la jalousie personnelle qui se masque derrière de grands discours sur la justice et l’égalité. Pour contester les autres et cacher ses propres ambitions, on utilise alors de faux prétextes intellectuels en manipulant le sens des règles. Par exemple, on peut poser des questions piégées sur l'application des lois : « un vêtement entièrement teint d'une couleur spécifique a-t-il besoin qu'on lui ajoute un fil de cette même couleur pour être conforme ? Si un seul fil suffit à rendre un vêtement valable, pourquoi un habit qui possède déjà cette couleur en totalité ne se suffirait-il pas à lui-même ? ». Derrière ce raisonnement apparent se cache la volonté de détruire le principe de la prescription légitime. Et c'est là un piège très dangereux.
La connaissance théorique ne suffit pas pour s’approcher de la transcendance : une tête bien pleine sans aucune éthique, c’est comme un corps sans âme. Pour mieux le comprendre, on peut imaginer les lettres de l'alphabet : sans voyelles, elles restent immobiles et ne veulent rien dire. Ce sont les voyelles qui leur donnent vie et permettent de former des mots. Dans notre quotidien, nos aspirations profondes et notre désir de faire le bien sont ces voyelles indispensables. Si nous cherchons le bien, nous réveillons le bien autour de nous. Si nous agissons par égoïsme, nous attirons le négatif.
Même l'étude des textes les plus sacrés à besoin de cette lumière du cœur. Sans elle, le savoir, loin de nous faire grandir, devient un poison. En tournant en dérision le concept d'aspiration spirituelle et en accordant une importance exclusive à sa propre personne, l'homme rebelle donne le pouvoir au corps sur l'esprit. Il utilise le savoir pour nourrir le mal, inversant l'ordre naturel où le physique doit être soumis au spirituel. En voulant forcer l'âme à servir ses ambitions terrestres, il fait en sorte que, comme ce fut le cas pour Korah, la terre « ouvre sa bouche » pour reprendre ses droits, l'avalant définitivement.
La véritable grandeur ne dépend pas de ce que notre esprit sait, mais de ce que notre cœur désire et de ce que nos mains accomplissent. L'intelligence la plus brillante ne sert à rien si elle n'est pas guidée par l'humilité

d’après Refael Kramer https://breslov.org

 

Commentaire de la Haftara KORAH

Texte: Vayomer Chmouel. Chmouel I 11:14 - 12:22

La haftara de cette semaine est tirée du livre de Samuel I, un ouvrage prophétique qui relate la transition d'Israël d'un gouvernement de Juges vers la royauté. Dans le texte, le prophète Samuel rassemble le peuple à Guilgal pour confirmer le pouvoir du nouveau roi, Saül. L'ambiance est solennelle, et Samuel en profite pour dresser un bilan spirituel et confronter la foule à sa propre ingratitude : les Hébreux ont réclamé un roi de chair et de sang pour ressembler aux autres nations, rejetant implicitement la souveraineté divine. Pour marquer les esprits et prouver que cette demande traduit un manque de foi profond, le prophète provoque un bouleversement climatique en pleine saison sèche, et il prononce ces mots : « N’est-ce pas maintenant la moisson des blés ? Je crierai à l’Éternel, et il fera tonner et pleuvoir, afin que vous sachiez et que vous voyez combien grand est aux yeux de l’Éternel le mal que vous avez fait en demandant pour vous un roi. » (12 :17)
Ce verset trouve un écho direct dans le Talmud, plus précisément dans le passage de Taanit 12b:11. Le traité Taanit est principalement consacré aux lois des jeûnes publics, en particulier ceux qui sont décrétés par les tribunaux rabbiniques en période de sécheresse extrême pour implorer la miséricorde divine. Dans cette discussion, la Michna explique qu'après une série de jeûnes restés sans réponse, si le mois de Nissan se termine et que la pluie tombe enfin, cette eau n'est plus une bénédiction mais un signe de malédiction, car elle détruit les récoltes prêtes à être coupées. La Guemara cite alors le verset de Samuel pour prouver que la pluie, lorsqu'elle survient à contre-temps, durant la moisson des blés, est une marque de désapprobation céleste et non un bienfait.
Cette citation nous invite à une réflexion sur la nature de nos désirs. Nous vivons bien souvent avec la certitude que l'accomplissement immédiat de nos désirs est la clé du bonheur. Cette discussion talmudique nous enseigne le danger des victoires obtenues à contre-temps ou arrachées par caprice. Recevoir ce que l'on souhaite lorsque nous n’y sommes pas prêts, ou lorsque l’environnement ne s'y prête pas, peut s'avérer plus destructeur que le manque lui-même. Ainsi, une réussite professionnelle trop rapide peut susciter une pression ingérable et conduire au burnout.
L'authentique sagesse consiste à aligner nos désirs sur le rythme naturel des saisons de la vie, afin que nos réussites soient de véritables sources de vie et non les agents involontaires de notre propre naufrage.

d’après sources diverses/  

 

Réponses aux quiz

1. V16 :1. Il était jaloux d’Elitsafan ben Ouziel qui avait été nommé à sa place en tant que chef des Kéhatim.
2.. V16 :6. Seule une personne survivrait et ce fut On ben Pelet.
3.. V16 :12. L’Egypte et Canaan.
4.. V.16 :27. A partir de 20 ans.
5.. V.17 :21. Afin que les enfants d’Israël ne prétendent pas qu’il a fleuri parce qu’il était plus proche de la Chékhina.
6.. .18 :19. Car de même que le sel ne disparaît pas quand on le dissout dans l’eau, ainsi l’alliance, entre D-ieu et les descendants de Aharon ne disparaîtra pas.