Les textes de la semaine : Chabbat VAYERA

Résumé de la Paracha VAYERA

paracha VAYERA 5787D.ieu apparaît à Abraham, fraîchement circoncis. Il accueille trois hommes, en réalité trois anges, dont l'un pour lui annoncer la naissance de son fils Isaac et deux pour détruire les villes voisines de Sodome et Gomorrhe. Abraham plaide en faveur des deux villes, obtenant qu'elles soient sauvées s'il s'y trouve dix justes. Cependant, seul Loth accueille les visiteurs avec hospitalité, ce qui lui vaut l'hostilité de la foule. Les anges sauvent Loth et ses deux filles tandis qu'un déluge de feu et de soufre s'abat sur les villes. Loth et ses deux filles trouvent refuge dans une grotte. Ces dernières croient être les seules survivantes, avec leur père, d’un châtiment qui aurait frappé le monde entier. Elles enivrent Loth, partagent sa couche et conçoivent deux fils qui seront les pères des nations de Moav et d’Amon.

Abraham s'installe chez Abimelekh roi des Philistins, où Sarah est convoitée une fois de plus par le potentat local. Ils finissent finalement par s'échapper de l'épreuve en paix. Hachem réalise sa promesse faite à Avraham et Isaac naît. Sarah obtient d'Abraham le renvoi de Hagar et son fils Ismaël, qui manquent de mourir dans le désert, mais D.ieu leur dévoile une source d'eau. Ismaël s'installe dans le désert de Paran. D.ieu éprouve Abraham en lui demandant de lui présenter Isaac en sacrifice. Abraham s'exécute, mais au moment où il a lié Isaac sur l'autel et s'apprête à le sacrifier, un ange l'arrête. Abraham apprend qu’une fille, Rebecca (Rivkah) est née à son neveu Bethouel

 

Les quiz de la semaine

 

1. Quelles sont les missions des 3 anges qui rendent visite à Abraham ?
2. A qui (« Naar ») Abraham demande-t-il de préparer le boeuf ?
3. Lorsque D-ieu rapporte à Abraham les paroles de Sarah (« je suis vieille »), il en omet la seconde partie « et mon mari est vieux », pourquoi ?
4. Quel est le cri venant de Sodome qui parvint jusqu’à D-ieu ?
5. Pourquoi l’ange a-t-il interdit à Lot et à sa famille de regarder derrière eux ?

Commentaire de la Paracha VAYERA

Texte: Béréchit 18:1-22:24

Il y a comme un mystère tapi aux origines de la mémoire juive, une énigme que l'on devine dès les premières paroles adressées par D.ieu à Abraham. Les promesses se succèdent et s'amplifient : une grande nation, une descendance aussi nombreuse que la poussière de la terre et que les étoiles du ciel. Or, dans le même temps, Abraham vieillit sans enfant. Le déséquilibre entre la promesse et la réalité est total.
La première question qu'Abraham adresse à D.ieu est frappante : « Seigneur D.ieu, que me donneras-tu, puisque je m'en vais sans enfant ? » Tout est dit. Derrière cette interrogation se dessinent la peur de n'être que le commencement et la fin, l'angoisse de ne rien transmettre. Le premier juif redoute d'être le dernier.
Puis viennent l'espoir et l'attente. Ismaël naît, et l'on pourrait croire la promesse accomplie. Mais l'alliance annoncée à Abraham se poursuivra par Isaac, dont la naissance semble défier les lois de la nature, enfant improbable né de parents que leur âge aurait dû rendre stériles.
Et au moment même où tout semble accompli, survient l'épreuve: l'ordre de sacrifier ce fils tant attendu. Abraham monte, prépare le bois, lève le couteau. Et la voix retentit : ne touche pas à l'enfant.
Pourquoi tant de promesses différées, d'attentes, d'épreuves ? Peut-être pour nous apprendre à mesurer la valeur de ce qui nous est donné. Nous chérissons ce que nous avons attendu et plus encore ce que nous avons failli perdre.
Pourtant, le quotidien finit par user l'émerveillement. La naissance d'un enfant est un miracle que nous ne savons plus toujours regarder comme tel.
Accueillir un enfant c'est accepter une responsabilité qui nous dépasse. La transmission ne consiste pas seulement à donner la vie, mais à rendre possible un avenir. Une société qui place l'enfant au centre de ses préoccupations ne se contente pas de survivre au quotidien : elle veille à perpétuer la flamme de l'humanité.
Cette exigence se heurte aujourd’hui à une réalité amère. Nous avons perdu le sens de la valeur de l'enfant. Alors que sa protection devrait être l'unique boussole de l'humanité, des millions d’entre eux sont sacrifiés sur l'autel de l'indifférence, privés de soins essentiels, tandis que les dirigeants du monde s’épuisent à ressasser les conflits du passé.
La leçon d’Abraham reste à apprendre. Les guerres d'hier ne nourriront jamais les enfants de demain.
Tant qu'une société ne place pas l'enfance au cœur de ses choix, ses réussites ne seront que des ruines habillées de lumière. Protéger un enfant, c'est protéger l'avenir lui-même. Et c’est la seule victoire qui vaille.

d’après rabbi Yonatan Sacks z ‘’l  

 

Commentaire de la Haftara VAYERA

Texte: Véicha Ahat. Rois II 4:1-23

La haftara de cette semaine est tirée du livre des Rois II, qui relate l'histoire des royaumes d'Israël et de Juda à travers les récits des prophètes. Elie a été enlevé au ciel, et son disciple Elisée prend le relais, accomplissant des miracles qui prolongent ceux de son maître. Notre texte le montre au contact de la détresse ordinaire : une veuve dont les fils vont être réduits en esclavage pour dettes, à qui le prophète fait multiplier l'huile ; puis une femme de Sunem , hospitalière, sans enfant, à qui il annonce une naissance, et dont le fils mourra avant d'être rendu à la vie par lui. C'est au cours de cet épisode que se trouve un verset singulier. La Sunamite, dont l'enfant vient de mourir, demande à son mari un âne pour se rendre auprès de l'homme de D.ieu. Et celui-ci s'étonne : « Pourquoi irais-tu aujourd'hui ? Ce n'est ni la nouvelle lune ni le chabbat. »(Rois II 4 :23)
Ce verset est cité dans le Talmud, dans le traité Roch Hachana 16b consacré notamment au jugement divin et à la signification des jours saints. Dans la discussion, les Sages cherchent à établir qu'il existe une obligation de rendre visite à son maître spirituel lors des fêtes de pèlerinage. Leur raisonnement s'appuie sur la remarque du mari : s'il s'étonne de cette visite un jour ordinaire, c'est qu'à la nouvelle lune et au chabbat, elle semble aller de soi. Dans le texte biblique, nous sommes face à une mère bouleversée par la mort de son enfant, qui se tourne vers le prophète dans l'espoir de trouver une réponse à sa détresse.
Le Talmud, lui, s'attache à un détail de la conversation pour en tirer une règle générale. Ce qui semblait relever d'une pratique habituelle devient l'expression d'un devoir : la visite au maître n'est plus un élan de détresse, mais un devoir, codifié, daté.
Cette lecture nous invite à réfléchir à la place que nous accordons à ceux qui nous transmettent un savoir. A une époque où les liens de transmission semblent se distendre, où l'autorité morale des enseignants est souvent contestée, elle rappelle que recevoir ne suffit pas : encore faut-il reconnaître ce que nous avons reçu.
Avoir un maître, c'est accepter une dette. Non pas une dette qui nous rendrait dépendants, mais une dette de reconnaissance envers ceux qui ont contribué à former notre pensée, à éclairer notre jugement. C'est un acte de justice.
La grandeur d'une société ne se mesure donc pas seulement aux savoirs qu'elle produit, mais aussi à l'honneur qu'elle rend à ceux qui les transmettent. Car on ne visite pas son maître par simple politesse : on le visite aussi pour se souvenir que, sans lui, notre âme serait peut-être restée en friche

d’après sources diverses/  

 

Réponses aux quiz

1. V 18 :2. 1) annoncer la naissance d’Isaac, 2) Guérir Abraham après sa Brit-mila, 3) Annoncer la destruction de Sodome et Gomorrhe.
2. V 18 :7. Ismaël, pour lui enseigner la mitsva de « Hakhnassat Orhim « (hospitalité)
3. V 18 :13. Afin de maintenir la paix entre eux.
4. V 18 :21. Celui d’une jeune fille qui a été exécutée pour avoir donné de la nourriture à un pauvre.
5. V 19 :17. Ils avaient eux-mêmes été associés aux fautes de Sodome, il n’est donc pas convenable qu’ils assistent au châtiment qui leur est épargné.