Les textes de la semaine : Chabbat BAMIDBAR

Résumé de la Paracha BAMIDBAR

parachasummary


Dans le désert du Sinaï, D.ieu demande que soit conduit un recensement des douze tribus d’Israël..
Les Lévites devront assurer le service dans le Sanctuaire, remplaçant les premiers-nés d’Israël (dont le nombre est, à peu près, équivalent) disqualifiés par la faute du veau d’or. Cependant 273 premiers-nés sont en surnombre par rapport aux 22 300 lévites. Ils doivent payer une somme de cinq shekels pour leur rachat.
Lorsque le peuple lève le camp, les trois familles de lévites démontent et transportent le Sanctuaire pour le réassembler à la nouvelle halte. Ils dressent alors leurs propres tentes autour de lui. Les Kéhatites qui transportent l’Arche et les instruments du Sanctuaire, protégés par leurs couvertures spéciales, sur leurs épaules, s’installent au sud. Les Guérsonites occupent l’ouest et les familles de Merrari le nord. A l’entrée du Sanctuaire, à l’est sont installées la tente de Moïse et celles d’Aaron et de ses fils.
Au-delà du cercle formé par les lévites, les douze tribus campent en quatre groupes de trois tribus chacun

Les quiz de la semaine

1. Comment a été déterminée la couleur des drapeaux des 12 tribus ?
2. Quelle est la différence entre « Ot » et « Déguel » au verset 2 :2 ?
3. D’où voit-on que les enfants d’Israël on observé la « Thoum Chabbat » (ne pas s’éloigner de 2000 coudées du camp, 1Km) dans le désert ?
4. Quels personnages (2) de la méguila d’Ester sont cités par Rachi dans cette paracha ?
5. Quelles catégories d’individus ont été comptées dès l’age de 1 mois ?
6. Les premiers-nés furent rachetés pour 5 chékalim. Pourquoi juste 5 ?

Commentaire de la Paracha BAMIDBAR

Texte: Bamidbar 1:1-4:20

paracha
La paracha de cette semaine est la première du livre des nombres et elle commence par un recensement des israélites. On peut se demander quelle est la signification de ce recensement, d’autant que la torah utilise un terme très particulier pour y faire référence : « Se’u et rosh » qui signifie explicitement « lever la tête ». Pourquoi donc la torah a-t-elle préféré cette expression étrange et détournée à des mots plus simples pour décrire ce recensement ?
Une réponse est que toute opération de comptage a tendance à se focaliser sur le total, la foule, la multitude. Le total vise à donner de la valeur au groupe, puisque plus grand est ce nombre, et plus grand, donc plus fort est le groupe ou la nation.
Mais le comptage a aussi pour effet de dévaluer l’individu ; de le rendre remplaçable. Dans une armée, un soldat qui meurt au front est remplacé par un autre.
Il en va de même pour les foules qui conduisent l’individu à perdre son propre jugement, pour se laisser conduire par la foule. Il est notoire que les foules, menées par des personnalités démagogues, jouant sur les peurs des gens peuvent conduire les participants à des comportements primitifs et rendre la foule incontrôlable.
Or, le judaïsme a ceci de remarquable qu’il insiste comme nulle autre religion auparavant sur la dignité et l’intégrité de l’individu. Nous croyons que chaque être humain a été créé à l’image de D.ieu, et que chaque personne est unique, avec ses propres attributs et sa propre manière de penser. Et c’est peut-être là que se trouve la signification de cette expression curieuse : « lever la tête » utilisée par la torah. D.ieu dit à Moïse qu’il y a un danger dans tout recensement : celui que chaque individu se sente insignifiant. Pour empêcher cela il lui demande de « lever la tête » de son peuple pour montrer à chacun qu’il compte en tant qu’individu.
C’est là aussi d’ailleurs ce qui caractérise les bons leaders. A l’opposé de ceux qui jouent sur les sentiments de peur ou de haine, ils « tirent » leurs semblables vers le haut, en expliquant ce que chacun peut apporter à tous, sans exclure personne, ni l’étranger, ni la veuve ni l’orphelin .

d’après  Rabbi Sacks Z’l  https://rabbisacks.org  

Commentaire de la Haftara BAMIDBAR

Texte: Véhaya Mispar. Hochâ 2:1 - 4:7

haftaraLe message d’ouverture d’Osée dans notre haftara est douloureux : La relation entre D.ieu et le peuple d’Israël est comparée à un mariage raté, où les époux déloyaux ne s’estiment plus. Pourtant, ce message pessimiste n’est pas final car Osée se veut un prophète d’espoir. Il se préoccupe donc du processus de réconciliation, car il est pour lui inconcevable que cette relation aussi bancale soit-elle puisse se terminer. Cet espoir de réconciliation est exprimé au verset 7 : « Elle poursuivra ses amants sans les atteindre, elle les cherchera sans les trouver. Puis elle dira : Je veux aller et retourner vers mon premier mari, car j'étais mieux alors que maintenant »
Ce verset résume la relation troublée entre Dieu et son peuple, minoritaire dans sa société et qui lutte pour sauvegarder son identité tout en faisant face aux forces culturelles et religieuses de la majorité qui l’entoure. Il est tragique que les membres d'un peuple en difficulté et aux abois se laissent parfois distraire, séduire et soumettre par les forces écrasantes de la culture et la religion du plus grand nombre. Ce fut vrai à l’époque d’Osée. Ça l’est toujours aujourd'hui.
Osée se rend compte toutefois que les gens peuvent parfois discerner le danger et la vacuité de cette assimilation et tenter de se sortir cet exil auto imposé de leurs véritables identités et de leur relation avec Dieu. Ce revirement a le pouvoir de restaurer ce qui était perdu. Le Talmud caractérise ce pouvoir de cette façon: «Rabbi Yo'hanan dit citant Rabbi Yossé:« Mieux vaut un seul remord dans le cœur d'un homme que de nombreux coups de bâton, car il est dit: «Elle poursuivra ses amants ... puis elle dira, je vais retourner vers mon premier mari, car j’étais mieux alors que que maintenant » »
Rabbi Yo'hanan souligne que cette lutte pour l'identité ne peut être imposée de l’extérieur. Chacun de nous doit se réconcilier avec lui-même et avec D.ieu. Cet acte de volonté librement décidé s’appelle la techouva.

d’après   Rabbi Mordechai (Mitchell) Silverstein http://www.uscj.org.il année 5764  

Réponses aux quiz

1. V.2 :2- En fonction de la couleur de la pierre représentant chaque tribu sur le pectoral (Hochen) du Cohen Gadol.
2. Ot : c’est l’étoffe constituant le drapeau, Déguel c’est la hampe sur laquelle le drapeau est fixé.
3. V.2 :2 – Rachi apprend cela du mot « Minégued », en face, afin qu’ils puissent se rendre au Ohel Moed durant le chabbat.
4. V.3 :7 – Bigtan et Téréch (les comploteurs contre Ahachvéroch).
5. V. 3 :15,40 – Les lévyim et les premiers-nés.
6. V.3 :46-Pour expier la faute des frères de Joseph, qui l’ont vendu pour 5 chékalim (ou 20 pièces d’argent).