Les textes de la semaine : Chabbat TERUMAH

Résumé de la Paracha TERUMAH

Il est demandé au peuple d’Israël de faire don de 15 matériaux (or, argent, cuivre …). D.ieu dit à Moïse « Ils Me feront un sanctuaire et Je résiderai parmi eux. ». Au sommet du mont Sinaï, Moïse reçoit des instructions détaillées sur la façon de construire cette demeure pour D.ieu afin qu’elle puisse être facilement démontée, transportée et réassemblée lors du voyage du peuple dans le désert.

Dans la pièce la plus intérieure du sanctuaire, se trouve l’arche contenant les tables du témoignage sur lesquelles sont gravés les Dix Commandements ; sur le couvercle de l’arche, se tiennent deux chérubins ailés, taillés dans un bloc d’or pur. Dans la pièce extérieure se dresse la Ménorah à sept branches et la table sur laquelle les « pains de proposition » sont disposés.

Les trois murs du sanctuaire sont composés de l’assemblage de 48 planches de bois chacune recouverte d’or et tenue par une paire de socles en argent. Le toit est constitué de trois couches de couvertures : a. des tapisseries multicolores de laine et de lin, b. une couverture de poil de chèvre, c. une couverture en peau de bélier et de ta’hach. Face à l’entrée du sanctuaire, une tenture brodée est tenue par cinq poteaux.Une clôture detentures de lin soutenues par 60 poteaux en bois entoure le sanctuaire et l’autel recouvert de plaques de cuivre

 

Les quiz de la semaine

 

1. L’argent nécessaire à la construction du Michkan a une particularité relativement aux autres matériaux, laquelle ?
2. D’où proviennent les cèdres employés dans la construction du michkan ?
3. Chacun de ces éléments a 2 usages : a)l’huile, 2) les aromates 3) les pierres précieuses, quels sont-ils ?
4. Le Aron (arche sainte) est constituée de 3 boîtes emboîtées. Quelle est la hauteur de la boîte externe ?

Commentaire de la Paracha TERUMAH

Texte: Chémot 25:1-27:19

La paracha Terouma marque un tournant radical : après le tumulte spectaculaire de la sortie d’Égypte et de la révélation au Sinaï, le récit s’attarde longuement sur la construction du Michkan, sanctuaire portatif au cœur du désert. Cette disproportion surprend. La création du monde tient en quelques dizaines de versets ; le sanctuaire, lui, occupe une part considérable du livre de Chemot. Pourquoi tant de détails pour un édifice provisoire, appelé à disparaître ?
La réponse tient à la nature même du projet national d’Israël. Le passage de Berechit à Chemot correspond au passage de la famille à la nation. En Égypte, les descendants de Jacob formaient un clan élargi. À la sortie, ils deviennent un peuple. Mais ce qui les unit alors est surtout un destin commun : l’oppression, la souffrance, un ennemi partagé. Ils ont une mémoire commune, pas encore une responsabilité commune.
Le récit du désert montre un peuple passif, enclin à la plainte. À chaque difficulté – face à Pharaon, devant la mer, dans le manque d’eau ou de nourriture – la réaction est la protestation et la nostalgie de l’esclavage. Même les miracles les plus éclatants, même la révélation sans précédent du Sinaï, ne produisent pas de transformation durable. Quarante jours après avoir entendu la voix divine, ils fabriquent le veau d’or. Les prodiges ne suffisent pas à faire naître une société libre et responsable.
C’est alors qu’intervient une initiative inattendue : demander au peuple de donner. Chacun est invité à contribuer – or, argent, étoffes, compétences, temps – pour bâtir ensemble une demeure pour la Présence divine. Le sanctuaire n’a pas besoin d’être immense ni éternel. Ce qui compte, c’est l’acte collectif de construction.
La réaction change tout. Les dons affluent au point qu’il faut demander d’arrêter. Durant toute la période des travaux, les murmures cessent. L’énergie jusque-là tournée vers la plainte devient créativité partagée. En construisant un lieu pour Dieu, le peuple se construit lui-même. Il passe du statut de bénéficiaire passif des miracles à celui d’acteur responsable.
Le Michkan, bien que temporaire, porte ainsi un enseignement permanent. La liberté ne naît pas seulement de la délivrance, mais de la responsabilité. Ce n’est pas ce que Dieu fait pour l’homme qui le transforme, mais ce que l’homme fait pour Dieu. Une société libre se construit comme un sanctuaire commun : chacun y apporte sa part, matérielle ou spirituelle.
On ne devient pas libre en recevant un don immérité, mais en participant à une œuvre plus grande que soi. Ce sont nos actes, et non les événements que nous subissons, qui nous façonnent.

d’après Rabbi sacks zt”l   https://RabbiSacks.org 

 

Commentaire de la Haftara TERUMAH

Texte: V'H Natan hokhma Rois I 5:26-6:13

La haftara de cette semaine est tirée du Premier livre des rois, qui raconte l’installation d’Israël sur sa terre, l’édification de la royauté puis les tensions spirituelles qui traversent la nation. Après le règne de David, s’ouvre celui de Salomon, marqué par la sagesse, la paix et la stabilité politique. Le texte décrit l’alliance entre Salomon et Hiram, roi de Tyr, la préparation des matériaux, l’organisation des corvées et, finalement, le début de la construction du Temple à Jérusalem. Au cœur de cette description architecturale, un verset fixe les dimensions de l’édifice : « La maison que le roi Salomon bâtit pour l’Éternel avait soixante coudées de long, vingt de large et trente de haut » (I Rois 6:2). Ce verset, apparemment technique, devient dans le Talmud (sanhedrin 7a) la source d’une réflexion spirituelle.
Le traité Sanhédrin, traite principalement de l’organisation des tribunaux, des procédures judiciaires et des principes de justice. À la page 7a, la discussion porte sur la responsabilité morale du juge et plus précisément sur la question de savoir s’il est simplement permis ou véritablement recommandé de proposer une médiation avant de trancher un litige. Dans ce contexte, le verset ci-dessus est cité dans une réflexion opposant deux époques : dans le désert, la Présence divine reposait entre les barres de l’Arche, dans un espace de dix « téfa’him » seulement ; plus tard, sous Salomon, elle est associée à un Temple aux dimensions majestueuses. Mais un autre verset vient rappeler que le ciel est le véritable trône divin et que nul bâtiment ne peut contenir l’Infini. Pourquoi invoquer ce verset dans une discussion sur les conflits et le jugement ? Parce que la Guemara établit un parallèle entre la qualité des relations humaines et la capacité d’un lieu à accueillir la Présence divine. Un espace minuscule suffit si les hommes sont unis. Mais lorsque la discorde s’installe, même un sanctuaire immense devient insuffisant.
La discussion talmudique conclut que le juge doit intervenir dès le début d’un différend, avant qu’il ne s’enracine et ne s’élargisse comme une brèche dans une digue. Car une société capable de rechercher le compromis, d’apaiser les tensions dès leur naissance, pour préserver la paix, crée un espace spirituel vaste, même dans la simplicité matérielle.
Ainsi, la grandeur d’un sanctuaire ne se mesure pas à sa taille mais à la paix qui y habite.

d’après sources diverses/  

 

Réponses aux quiz

1. V25 :3. Pour les autres la thora ne fixe pas la quantité à donner alors que pour l’argent chacun ne peut donner qu’1/2 cycle.
2. V 25 :5. Yaacov les avait plantés en arrivant en Egypte en prévision de ce besoin-là.
3. V25 :6-7. 1) l’huile pour la ménorah et pour l’onction, 2) les aromates pour l’onction et les encens 3) les pierres précieuses pour le pectoral et les épaulières.
4. V25 :11. Une ama (coudée) et demie (soit 75 cm) + 1 téphah (largeur d’un poing soit 10 cm) qui est l’épaisseur du couvercle + une petite hauteur supplémentaire afin de dépasser le couvercle.