Les textes de la semaine : Chabbat NITSAVIM-VAYELEKH

Résumé de la Paracha NITSAVIM-VAYELEKH

La paracha de Nitsavim pose quatre piliers fondamentaux de la foi juive.

Premièrement, l’unité d’Israël : tout le peuple, des chefs de tribus aux simples bûcherons, incluant les femmes, les enfants et les convertis, se tient uni devant D.ieu.

Deuxièmement, la rédemption future : après avoir averti des conséquences de l'exil dues à l'abandon des lois divines, Moïse annonce l'espoir du retour. D.ieu promet de rassembler les dispersés d'Israël, même depuis les extrémités du ciel, pour les ramener sur la Terre de leurs ancêtres.

Troisièmement, la proximité de la Torah : la loi n'est ni lointaine ni inaccessible. Elle n'est pas dans les cieux, mais très proche, dans la bouche et le cœur de chacun pour être accomplie.

Quatrièmement, le libre arbitre : D.ieu place devant l'homme la vie et le bien, la mort et le mal, lui enjoignant solennellement de choisir la vie et la bénédiction.

La paracha de Vayelekh relate les ultimes instants de Moïse. Âgé de 120 ans, il ne peut plus diriger le peuple et transmet son leadership à Josué. Il achève l'écriture de la Torah et la confie aux Lévites. Moïse établit ensuite le commandement du Hakhel: tous les sept ans, à l'issue de l'année sabbatique, le peuple entier se réunira au Temple de Jérusalem pour écouter le Roi lire la Torah. la paracha s'achève sur une prédiction et une promesse. D.ieu avertit qu'Israël s'égarera, ce qui provoquera la dissimulation de Sa face. Toutefois, Il garantit que les mots de la Torah ne seront jamais oubliés de la bouche de sa descendance, assurant ainsi la pérennité éternelle de l'alliance..

 

Les quiz de la semaine

 

1. Qui étaient les « coupeurs de bois » et les « porteurs d’eau » ?
2. Que signifie : « les choses cachées sont pour D-ieu et les choses révélées sont pour nous » ?
3. Pourquoi le jour du rassemblement des exilés sera-t-il « grand et difficile » ?
4. Comment sait-on que la thora ne sera jamais abandonnée par le peuple juif ?
5. Pourquoi Moise ne rassembla-t-il pas le peuple au moyen des trompettes le jour de sa mort ?
6. Moïse annonça que le peuple fauterait après sa mort. Or, cela ne se produisit qu’à la mort de Josué, pourquoi ?

Commentaire de la Paracha NITSAVIM-VAYELEKH

Texte: Dévarim 29:9-31-30


La parasha Nitzavim nous offre un enseignement essentiel sur la proximité de la voie divine : : « Car cette loi que je t'impose en ce jour, elle n'est ni trop ardue pour toi, ni placée trop loin. Elle n'est pas dans le ciel, pour que tu dises: "Qui montera pour nous au ciel et nous l'ira quérir, et nous la fera entendre afin que nous l'observions?" Elle n'est pas non plus au delà de l'océan, pour que tu dises: "Qui traversera pour nous l'océan et nous l'ira quérir, et nous la fera entendre afin que nous l'observions? » (Deut 30:11). En quoi consiste donc cette loi si proche qui ne réside ni dans les cieux ni au-delà des mers?
Ramban répond sans détour : il s'agit du repentir. Même celui qui se trouve aux confins de la terre peut revenir. Il lui suffit de confesser de sa bouche, de tourner son cœur vers la source, et d'accepter la voie pour l'avenir.
Sforno partage cette lecture mais y ajoute une nuance. Le repentir n'exige ni prophète ni sage venu de loin. Chaque personne, même en exil, possède en elle-même la clé de ce retour.
Rabbeinu Bachya élargit le champ. Pour lui, ce commandement inclus aussi l'ensemble de la Torah. Elle n'est pas un savoir caché réservé aux esprits exceptionnels. Elle se donne à qui s'y applique sincèrement.
Malbim rejoint Rabbeinu Bachya sur l'objet mais demande : si cette voie est si naturelle, pourquoi l'humain s'en éloigne-t-il ? Pour lui, l'obstacle n'est ni géographique ni intellectuel. Il ne se trouve ni dans la bouche ni dans les actes, mais dans le cœur. Car il existe en nous une force d'inertie, une résistance intime souvent décrite comme un cœur endurci ou incirconcis. Ce cœur endurci agit comme un filtre déformant. Il nous fait désirer l'éphémère au détriment de l'éternel, nous éloignant de la lumière vers laquelle nous devrions naturellement nous tourner.
Baal HaTurim complete le débat en une formule fulgurante. Le repentir possède une force égale à celle de tous les commandements réunis. Ainsi, ce que Ramban et Sforno lisent comme un commandement particulier, et ce que Rabbeinu Bachya et Malbim lisent comme l'ensemble de la voie, se rejoignent dans une même réalité.
Ces voix ne s'annulent pas. Le repentir est un chemin personnel. La Torah est un héritage accessible à tous. L'obstacle est intérieur, mais l'outil pour le franchir l'est tout autant.
La voie n'est jamais aussi loin qu'on le croit. Elle commence exactement là où l'on se tient. .

d’après Yonatan HaLevi https://www.hidabroot.com    

 

Commentaire de la Haftara NITSAVIM-VAYELEKH

Texte: Chouva Israël Hochaa 14:2-14:10


SOS assis Isaïe 61:10-63:9
La haftara de cette semaine est tirée du livre d'Isaïe, prophète de la consolation qui porta l'espérance au cœur de l'exil. Isaïe parle à un peuple meurtri, à une Jérusalem délaissée, et lui promet que le deuil finira en fête, que l'abandon deviendra alliance. Le prophète y décrit l'amour inconditionnel du Créateur pour Jérusalem et la promesse d'une rédemption joyeuse où la désolation passée fait place à une gloire nouvelle. C'est au cœur de ce chant d'allégresse qu'Isaïe emploie une image nuptiale d'une grande beauté pour décrire le renouveau de cette alliance : « Comme un jeune homme se marie à une vierge, tes fils se marieront à toi ; et comme la fiancée fait la joie de l'époux, tu seras la joie de ton Dieu » (62:5).
Ce verset prend une résonance singulière lorsqu'il est cité dans le Talmud, au sein du traité Sanhedrin (99a :9) qui traite du droit pénal, de l'organisation de la justice et de l'autorité des tribunaux. Le dixième chapitre, appelé Helek, est consacré à des réflexions théologiques sur le monde à venir et l'ère messianique. La discussion énumère ceux qui n'ont pas de part au monde à venir, puis ceux qui en ont, et cherche à définir la nature de leur récompense. Les Sages s'interrogent sur ce que l'homme doit attendre de l'au-delà et répondent que la récompense ultime ressemble à cette joie nuptiale, à cette intimité pleine entre le Créateur et son peuple. La métaphore de l'amour entre époux, de la fiancée qui fait la joie de son bien-aimé, devient ici un principe directeur. Il indique que la relation entre Dieu et Israël n'est pas celle d'un maître à son serviteur, ni celle d'un juge à l'accusé, mais bien celle d'époux à épouse, d'une présence qui demeure, qui réjouit, qui comble et qui s'approfondit. Le temps de la rédemption est le temps de la présence, pas seulement du salut. C'est un temps où l'on ne subit plus une délivrance, mais où l'on habite pleinement l'alliance.
Cette lecture peut changer notre regard sur la foi et sur l'attente. La foi n'est plus une attente anxieuse d'une délivrance qui viendrait d'ailleurs, comme si le ciel devait être conquis. C’est une direction que l'on choisit, ici et maintenant, dans l'instant présent, dans le sourire que l'on offre, dans la promesse que l'on tient, dans l'amour que l'on ose, dans la fidélité silencieuse qui transforme le quotidien. La vraie question n'est pas de savoir quand viendra le salut, mais comment on habite l'attente. Chaque acte de fidélité, chaque moment de présence, chaque parole sincère construit déjà le monde à venir.

d’après sources diverses/  

 

Réponses aux quiz

1. V 29 :10. Les cananéens qui s’étaient convertis au judaïsme pour des raisons intéressés et sans sincérité.
2. V 29 :28. Il n’y a de responsabilité collective que pour les fautes révélées, les fautes cachées reste de la respon-sabilité individuelle.
3. V 30 :3. Ca ce jour-là D-ieu devra prendre par la main chaque personne pour la sortir de l’exil.
4. V 31 :21. « Car elle ne sera jamais oubliée de la bouche de votre descendance ».
5. V 31 :28. Les trompettes symbo-lisent la domination de Moïse sur le peuple, or, cette domination s’arrête le jour de sa mort.
6. V 31 :29. Moïse considérait Josué comme le prolonge-ment de lui-même