Les textes de la semaine : Chabbat NASSO

Résumé de la Paracha NASSO

En complément du recensement des Enfants d’Israël, 8580 Lévites, hommes âgés de 30 à 50 ans sont dénombrés : c’est le compte de ceux qui auront la charge de transporter le Tabernacle.

Plusieurs sujets sont abordés notamment la sota c'est-à-dire le problème d’un homme qui soupçonne sa femme d’adultère. Le Grand Prêtre fait boire à l’épouse un breuvage qui l’innocente ou la condamne selon les faits réels tels qui se sont produits, en l’absence de témoins certifiant ou contredisant les soupçons du mari.

Le naziréen est une personne qui décide volontairement de s’abstenir de boire les boissons alcoolisées, de ne plus se couper les cheveux et de s’éloigner de toute impureté, dans un laps de temps déterminé. Il apporte un sacrifice au Temple à l’issue de cette épreuve volontaire.

Aaron comme ses descendants, les Cohanim, se voient enseigner la manière de bénir le peuple.

Les chefs des douze tribus d’Israël apportent leurs dons pour l’inauguration de l’autel. Bien que ceux-ci soient identiques, chacun est apporté un jour différent et la Torah le décrit individuellement..

 

Les quiz de la semaine

 

1. Que représente le nombre 8580 dans cette paracha ?
2. Quelle fonction remplissent les Léviim outre le fait de transporter le Michkan ?
3. Qui décide à quel Cohen attribuer les parties du sacrifice qui lui reviennent ?
4. Que promet la Thora à celui qui offre les « Matanot Kehouna » (part des sacrifices revenant au Cohen)?
5. Que sont les « hartsanim » et les « zaguim » ?
6. Quelle faute commet le Nazir pour devoir apporter un sacrifice expiatoire ?
7. Pour Bircat Cohanim il faut que le Hazan énonce les béné-dictions au cohen. D’où l’apprend-on ?

Commentaire de la Paracha NASSO

Texte: Bamidbar 4:21-7:89

La paracha de Nasso met en lumière une idée importante : la vie spirituelle ne consiste pas seulement à s’approcher du sacré. Elle demande aussi de savoir trouver la bonne distance. Il existe des moments où l’homme doit se rapprocher du sacré pour réparer, comprendre ou retrouver le sens des valeurs. Mais il existe aussi des moments où l’éloignement devient nécessaire, non comme une punition, mais comme une étape de réflexion et de reconstruction.
Certaines situations humaines révèlent un déséquilibre dans la relation avec les autres, avec soi-même ou avec la vie. Lorsqu’une personne traverse une difficulté profonde, il ne suffit pas toujours de lui dire de revenir immédiatement vers le centre, vers l’étude, la communauté ou l’autorité spirituelle. Parfois, elle a besoin d’un espace à part pour se retrouver. L’éloignement n’est donc pas forcément un rejet ; il peut devenir une forme de soin. Lorsqu’une personne abîme son lien avec les autres par une parole destructrice ou une attitude qui divise, elle a parfois besoin d’être mise à distance pour mesurer ce qu’elle a provoqué. Ce recul n’a pas pour but d’humilier, mais de permettre une prise de conscience : comprendre qu’il faut du temps, du silence et de la lucidité pour réparer ce qui a été déchiré.
À l’inverse, certains problèmes exigent un rapprochement. Celui qui a trahi la confiance par le vol ou le mensonge doit se confronter à ce qu’il a méprisé : la vérité, la responsabilité, la présence de Dieu dans la parole humaine.
Le couple en crise doit retrouver la présence d’une valeur spirituelle qui dépasse les tensions, les soupçons et les blessures. La réparation passe alors par une prise de conscience que le lien conjugal n’est pas seulement une relation entre deux individus, mais un espace dans lequel une présence plus haute peut résider.
La voix spirituelle ne se fait entendre pleinement que lorsque les déséquilibres ont été pris au sérieux. Avant d’attendre une parole venue d’en haut, il faut regarder ce qui se passe en bas : les fautes, les blessures, les soupçons, les excès, les tensions entre individus et groupes. La spiritualité n’est pas une échappatoire qui permet d’éviter les problèmes humains. Elle commence au contraire par leur traitement. On ne peut pas chercher la présence divine en négligeant la parole, la justice, le couple, la paix sociale et la place de chacun.
La véritable sainteté n’est pas seulement dans l’approche du sacré, mais dans la justesse du mouvement : savoir quand s’éloigner, quand revenir, et comment transformer ses fragilités en chemin de paix.

d’après Rav Cherki https://youtu.be/RqTl-nkN_X4  

 

Commentaire de la Haftara NASSO

Texte: Vay'hi Ich Ehad. Choftim 13:2-25

La haftara de cette semaine est tirée du livre de Choftim, le livre des Juges, qui raconte une période troublée de l’histoire d’Israël, entre l’entrée en terre promise et l’établissement de la royauté. C’est un temps instable, où le peuple retombe souvent dans la faute, subit l’oppression de ses ennemis, puis reçoit l’aide d’un juge, non pas seulement un magistrat au sens moderne, mais un chef, un libérateur, parfois un guide spirituel, chargé de relever le peuple et de lui redonner une direction.
Le texte raconte l’annonce de la naissance de Samson. Sa mère, jusque-là stérile, reçoit la visite d’un ange qui lui révèle qu’elle donnera naissance à un enfant exceptionnel. Cet enfant ne sera pas seulement un fils attendu ; il portera dès avant sa naissance une mission nationale : « Car tu vas devenir enceinte, et tu enfanteras un fils ; et le rasoir ne passera point sur sa tête, car l’enfant sera naziréen de Dieu dès le sein de sa mère, et ce sera lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins ». « Choftim 13:5 »
Ce verset présente Samson comme un être consacré avant même d’avoir choisi sa voie. Sa force future ne vient pas seulement de ses muscles ou de son courage, mais d’une vocation inscrite dans sa vie dès l’origine. Le signe visible de cette vocation est sa chevelure, que le rasoir ne doit pas toucher. Elle devient le symbole d’une séparation, d’une fidélité et d’un lien particulier avec Dieu.
Ce verset est cité dans le Talmud de Jérusalem, traité Nazir 9:6:1. Le traité Nazir étudie les lois de celui qui fait voeu de naziréat, avec les limites et les obligations qui accompagnent cet engagement. La discussion porte sur Samuel : faut-il le considérer, lui aussi, comme nazir ? Les Sages comparent l’expression employée à propos de Samson, où il est question du rasoir, avec celle employée à propos de Samuel. Puisque, chez Samson, l’absence de rasoir indique clairement le naziréat, la même idée peut éclairer le cas de Samuel. Le verset est donc cité pour établir un modèle : la chevelure protégée du rasoir devient le signe d’une consécration particulière.
Cette lecture nous enseigne qu’un signe extérieur peut porter une responsabilité intérieure. Certaines limites ne sont pas des chaînes, mais des rappels. Elles nous obligent à vivre à la hauteur de ce que nous portons. La vraie force commence peut-être le jour où l’homme comprend que sa vie n’est pas seulement à lui, mais qu’elle peut devenir une mission

d’après sources diverses/  

 

Réponses aux quiz

1. V.4 :47,48. C’est le nombre de Léviim âgés de 30 à 50 ans.
2. V. 4 :47. Ils chantent et jouent de la harpe et des cymbales pour accompagner les sacrifices.
3. V. 5 :10. Le propriétaire du sacrifice.
4. V.5 :10. Une grande richesse.
5. V.6 :4. Les « hartsanim » sont les pépins de raisins, les « zaguim » les peaux de raisins, tous deux interdits au Nazir.
6. V. 6 :11. Il commet une faute envers lui-même en se privant de la jouissance du vin.
7. De l’expression « Amor Lahem », dis-leur.