Résumé de la Paracha MICHPATIM- CHABBAT CHEKALIM
Suite à la révélation du Sinaï, D.ieu promulgue une série de lois à l’adresse du peuple d’Israël. Elles incluent celles relatives aux serviteurs, aux meurtres, rapts, agressions et vols, les lois civiles relatives aux réparations des dommages, aux prêts financiers, à la responsabilité des quatre catégories de gardiens, ainsi que les lois régissant le processus judiciaire.
Sont également enseignées les lois contre la maltraitance des étrangers. L’observance des fêtes saisonnières et des offrandes agricoles qui devaient être apportées au Saint Temple à Jérusalem, l’interdiction de cuire de la viande avec du lait et la mitsva de prier. En tout, la paracha de Michpatim contient cinquante-trois mitsvot : 23 positives et 30 négatives. D.ieu promet de mener le peuple d’Israël à la Terre Sainte et les prévient de ne pas adopter les comportements païens de ses habitants actuels. Le peuple juif proclame « Nous ferons puis nous comprendrons » tout ce que D.ieu nous commande. Laissant Aaron et Hour en charge du camp israélite, Moïse gravit le mont Sinaï et y demeure pendant quarante jours et quarante nuits pour recevoir la Torah de D.ieu
Les quiz de la semaine
1. De quelle loi peut-on apprendre la valeur que la thora accorde au travail dans notre paracha ?
2. Pourquoi la Thora conseille-t-elle de donner la viande d’un animal mort accidentellement aux chiens ?
3. Quelle majorité est requise au tribunal pour condamner à mort un criminel ?
4. Combien de mitsvot transgresse-t-on en faisant cuire du lait dans de la viande (sans le consommer) ?
5. Quel était le contenu du livre de l’alliance écrit par moïse avant que le rouleau de la Thora ne soit terminé ?
Commentaire de la Paracha MICHPATIM- CHABBAT CHEKALIM
Texte: Chémot 21:1-24:18
Dans la paracha Michpatim qui signifie « les jugements », une liste de lois est énumérée, dans la continuité de la révélation Sinaïtique, ressemblant dans sa forme (mais pas sur le fond) au code de lois d’Hammourabi rédigé en 1750 av JC à Babylone.
On observe une hiérarchie des lois en fonction de la gravité des fautes commises. La Torah place la perte de liberté en premier, avant la question du meurtre, elle-même placée avant la question des dommages physiques, puis celle des dommages concernant les biens, puis le vol, puis les lois des contributions économiques à la société. La perte de liberté est considérée comme plus « grave» dans la mesure où elle affecte l’âme de la personne alors que lors du meurtre, seul le corps est atteint.
Parmi cette liste de lois, on peut noter que celle qui concerne l’enfant qui frappe ou qui maudit ses parents est située au milieu d’un passage plus long où il est question en premier lieu du meurtre prémédité puis des dommages physiques dans le cadre d’une querelle. Ceci pour nous enseigner que la première raison de la violence c’est le fait d’avoir eu un manque de respect vis-à-vis de ses parents pouvant aller jusqu’à les maudire ou les frapper. Le fait d’avoir été maltraité, délaissé par ses parents n’est pas la cause absolue de la violence selon la Torah. Quand un homme frappe et tue son prochain, le verset dit littéralement : il meurt et il mourra. En effet, contrairement aux lois concernant les dommages physiques qui peuvent être « réparés » par le versement d’une somme d’argent, rien ne peut réparer la mort d’autrui, et la mort de l’agresseur surviendra tôt ou tard. C’est une façon de dire que D.ieu s’occupe lui-même de poursuivre l’agresseur dans cette vie ou dans une autre et que nous humains n’avons pas à nous faire les justiciers. On cite au nom du Gaon de Vilna l’enseignement suivant : « Toute la Torah orale se trouve impliquée dans la Torah écrite. Toute la Torah écrite se trouve impliquée dans le Pentateuque. L’ensemble du Pentateuque est dans le livre de la Genèse, l’ensemble de ce livre se trouve dans la paracha Bereshit, l’ensemble de cette paracha se trouve dans le premier verset, tous les mots du premier verset sont dans le mot Bereshit, toutes les lettres de ce mot sont dans la lettre Beth. » La lettre Beth est le chiffre de la dualité qui sépare et relie le Créateur et la création. L’ensemble de la Torah est le dévoilement des règles de coexistence entre tout autrui et autrui. Il est donc nécessaire de comprendre cette lettre Beth pour comprendre toute la Torah. Beth signifie « bayit », la maison. C’est pourquoi au cœur de toutes les lois énumérées précédemment se trouve la question de l’éducation et la relation des enfants vis-à-vis de leurs parents.
d’après Rav Cherki, Rav Dynovisz
Commentaire de la Haftara MICHPATIM- CHABBAT CHEKALIM
Texte: Vayikhrot Yéhoyada. Rois II 11:17-12:17
La haftara de cette semaine est tirée du Deuxième livre des Rois, qui raconte le déclin progressif des royaumes d’Israël et de Juda, depuis les derniers prophètes jusqu’à la destruction de Jérusalem et l’exil à Babylone. Le texte s’ouvre sur l’intronisation du roi Joas, sauvé enfant d’un massacre. Un pacte est conclu entre le roi, le peuple et l’Éternel, et le culte de Baal est éradiqué. Joas ordonne aux prêtres d’utiliser les fonds consacrés pour réparer le Temple.
Or le texte souligne qu’au bout de vingt-trois ans, « les prêtres n’avaient pas réparé les brèches du Temple ». Le roi retire alors aux prêtres la gestion directe des fonds et met en place un système nouveau, public et contrôlé. Un coffre percé, placé près de l’autel, permet à chacun de voir l’argent collecté pour Dieu. L’argent de ce coffre était ensuite directement remis aux artisans responsables des réparations : «Yehoyada, le prêtre, prit une caisse, perça un trou (vayyikkov) dans son couvercle et la plaça à côté de l’autel, à droite en entrant dans la maison de l’Éternel ; et les prêtres préposés à la garde du seuil y jetaient tout l'argent qu'on apportait dans la maison de Dieu. » (II Rois 12,9).
Ce verset est cité dans le traité Sanhedrin du Talmud, qui traite de l’organisation de la justice, des procédures pénales et des crimes majeurs touchant aux fondements mêmes de la société. La citation se situe à la page 56a, au cœur d’une discussion consacrée aux lois du blasphème et à la définition précise de l’acte qui engage la responsabilité capitale. La Guemara cherche à comprendre le sens du mot biblique « nokev », utilisé pour désigner le blasphémateur : Les sages le relient au verbe « naqav », employé dans notre verset (vayyikov), qui signifie percer, faire une ouverture, et explorent alors une hypothèse provocante : et si blasphémer consistait à « percer le Nom de Dieu », à l’endommager physiquement (en trouant un parchemin, par exemple) ou symboliquement ? Cette interprétation est finalement rejetée, mais elle n’est pas sans intérêt : Dans ce passage, la Guemara oppose deux usages d’un même terme : percer pour faire circuler la sainteté, en permettant la réparation du Temple, ou percer pour la profaner, par le blasphème. Le même mot peut ainsi désigner un acte de service ou un acte de rupture. Ce rapprochement nous enseigne que le langage n’est jamais neutre et que nos termes les plus techniques peuvent soit ouvrir un espace pour Dieu, soit creuser une faille dans le lien avec Lui. C’est précisément cette frontière fragile que le Talmud nous apprend à discerner
d’après sources diverses/
Réponses aux quiz
1. V 21 :37. Si un homme vole un boeuf il doit rembourser 5 fois sa valeur alors que pour un mouton seulement 4 fois. La raison est que le propriétaire effectue son travail avec son boeuf.
2. V 22 :30. En récompense du fait que les chiens n’ont pas aboyé au moment de la sortie d’Egypte.
3. V 23 :2. Une majorité d’une voix suffit à un acquittement mais il faut 2 voix de majorité pour prononcer une peine de mort.
4. V 23 :19. Une transgression.
5. V 24 :4,7. La thora depuis Béréchit jusqu’aux mitsvos données à Mara (paracha de Béchalah).
