Résumé de la Paracha BEHAR-BEHUKKOTAI
Sur le Mont Sinaï, D.ieu donne à Moïse les lois relatives à l’année sabbatique : Tous les sept ans, tous les travaux agricoles devront cesser dans le pays et les produits spontanés de la terre seront laissés à la libre disposition des hommes et des animaux.
Il institue aussi le jubilé tous les cinquante ans, au cours duquel les terrains et habitations hors des villes fortifiées sont rendus, et les esclaves libérés.
Il est aussi précisé les conditions dans lesquelles un Hébreu peut tomber en servitude, comment le traiter et comment le racheter.
Dieu décrit à Moïse les bénédictions dont il comblera les enfants d'Israël s'ils obéissent à Ses décrets, ainsi que les malédictions qui les frapperont dans le cas contraire. Il leur assure cependant que même dans ce cas, Il ne reniera pas Son alliance avec eux et les ramènera sur leur terre. Sont enfin exposées les règles de consécration d'un bien au sanctuaire, la façon d'évaluer un bien ou une personne en vue de consacrer sa valeur monétaire, la façon de rendre un bien consacré à un usage profane en transférant sa sainteté nominale sur une somme d'argent. Ainsi se clôture le Livre du Lévitique.
Les quiz de la semaine
1. D’où vient le nom de l’année du jubiliée (Yovel).
2. Quels interdits recouvre l’injonction : « Lo tonu Ich et amito », ne pas léser son prochain ?
3. Quel châtiment découle de la non observance de la Chémita ?
4. Si la chemita est observée, combien dure la récolte de la 6ème année ?
5. Quelle progression de 7 transgressions est rapportée au chap. 26, quelle signification donner à l’ordre de citation?
6. Quel bénéfice résulte de la destruction du pays d’Israël par ses ennemis ?
Commentaire de la Paracha BEHAR-BEHUKKOTAI
Texte: Vayikra 26:3-27:24

Notre paracha clot le livre du lévitique en décrivant les bénédictions qui s’ensuivront si le peuple reste fidèle à son alliance avec D.ieu, ainsi que les malédictions qui le frapperont s’il ne respecte pas cette alliance. Ce qui saute aux yeux, c’est que la longue énumération des malédictions (tokhéhah) est près de trois fois plus grande que celle des bénédictions. La plupart de ces malédictions sont de plus formulées de manière particulièrement dramatique : « je susciterai contre vous d'effrayants fléaux, la langueur et la fièvre, qui font défaillir les yeux et dépérir l'âme; vous sèmerez en vain votre semence, vos ennemis la consommeront. Je dirigerai ma face contre vous, et vous serez abattus devant vos ennemis ; ceux qui vous haïssent vous domineront, et vous fuirez sans que personne ne vous poursuive. » (lev 26 :16)
Cela semble toutefois contredire un principe de base du judaïsme selon lequel la générosité de D.ieu envers ceux qui lui sont fidèles dépasse de loin le châtiment qu’encourent ceux qui ne le sont pas, comme l’indiquent les treize attributs de la miséricorde divine : « l’éternel, être tout puissant, clément, miséricordieux, lent à la colère, plein de bienveillance et d'équité. Il conserve sa faveur à la millième génération ; il supporte le crime, la rébellion, la faute, mais il ne les absout point. Il poursuit le méfait des pères sur les enfants, sur les petits-enfants, jusqu'à la troisième et à la quatrième descendance » : (ex 34-6). Or, si c’est le cas, pourquoi donc la liste des malédictions est-elle si longue et si effrayante ?
La réponse est que D.ieu pardonne certes, mais essentiellement à ceux qui reconnaissent le mal qu’ils font et s’en repentent. Comme l’indiquent les versets ci-dessus, Il ne laisse pas les coupables impunis, car cela ne permettrait pas de créer un monde meilleur. Le judaïsme est une religion d’amour et de pardon, mais c’est aussi une religion de justice. Si les malédictions nous apparaissent aussi dramatiques cela n’est pas parce que D.ieu veut nous punir, mais plutôt parce qu’il cherche à nous prévenir, à nous décourager de faire le mal.
Souvent, nous faisons les mauvais choix parce que nous ne pensons pas aux conséquences de nos actes. C’est ainsi que notre climat s’est réchauffé ; c’est ainsi que se produisent les crises financières. C’est ainsi que le COVID est arrivé. Nous raisonnons souvent au jour sans penser au lendemain. Il y a parfois du bon à être prévenu des conséquences de ses actes.
En nous décrivant de manière crue ce qui se produit lorsqu’un peuple perd ses repères moraux et spirituels, la Torah espère nous convaincre d’éviter le mal et de choisir la route menant aux bénédictions.
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d’après Rabbi Sacks http://www.rabbisacks.org
Commentaire de la Haftara BEHAR-BEHUKKOTAI
Texte: H' Ozi Oumaouzi. Jérémie 16:19 - 17:14

H' Ozi Oumaouzi. Jérémie 16:19 - 17:14
A la fin de notre Haftara, le prophète Jérémie adresse a D.ieu la prière suivante : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri ; sauve-moi et je serai sauvé, car tu es l'objet de mes louanges » (17 :14). La douleur exprimée par le prophète dans cette prière n’est pas physique ; elle résulte de son angoisse face au message pessimiste qu’il est chargé de transmettre au peuple. Jérémie ne demande donc pas une guérison physique, mais plutôt de ressentir le soutien de la main de D.ieu.
Cette prière individuelle sert de base à la huitième bénédiction que nous recitons pendant la Amida les jours de semaine. Dans cette bénédiction nous implorons D.ieu d’apporter la guérison aux malades de la communauté : « Guéris-nous, Seigneur, et nous serons guéris ; sauve-nous et nous serons sauvés, car tu es l'objet de nos louanges ». Les rabbins ont donc transformé la prière individuelle de Jérémie en prière communautaire. Cette transformation, cependant, pose un problème, car la tradition rabbinique indique que les versets bibliques ne devraient pas être modifiés : « Un verset écrit au singulier ne doit pas être transformé au pluriel ; un verset pluriel ne doit pas être transformé au singulier » (Tosefta Megillah 3:41).
Les commentateurs bibliques ont proposé un certain nombre de solutions à ce problème : Selon Meir Halevi Abulafia, (Espagne 12eme siècle), cette loi ne fait référence qu’à la traduction de versets bibliques. Il est permis de les changer s’ils doivent être utilisés dans une prière. Rabenou Yonah (Espagne 12eme siècle) va dans le même sens en indiquant qu’un verset utilisé dans une prière est retiré de son contexte et c’est pourquoi les changements sont permis.
En élargissant la portée d’une prière personnelle pour qu’elle couvre la communauté tout entière, les sages nous apprennent à regarder au-delà de nos préoccupations individuelles, et de prêter attention à celles de ceux qui nous entourent.
d’après Rabbi Mordechai (Mitchell) Silverstein, http://www.uscj.org.il/commentaries/
Réponses aux quiz
1.V25 :10. De la corne de bélier qui est sonnée pour marquer le début de cette année (Yovel= bélier).
2.V25 :17. Ne pas le blesser moralement ni lui donner de mauvais conseils.
3.V25 :18. L’exil.
4.V25 :21-22. De Nissan de la 6ème année à Succot de la 9ème année.
5. V26 :14-15. - a) Ne pas étudier la Thora, b) ne pas observer les mitsvot, c) rejeter ceux qui les observent, d) haïr les sages, e) empêcher les autres de pratiquer, f) nier que D. a donné les mitsvot, g) rejeter l’existence de D. Chaque transition conduit à la suivante !
6. V26 :32. Aucune nation ennemie ne pourra le restaurer

