Les textes de la semaine : Chabbat CHEMINI

Résumé de la Paracha CHEMINI

Au huitième jour (suivant les « sept jours d’inauguration »), Aaron ainsi que ses fils commencent leur office de Cohanim. Une fois les différentes offrandes présentées, un feu sort de devant l’Eternel et les consume sur l’Autel. Dès lors, la Présence Divine réside dans le Sanctuaire. Les deux premiers fils d’Aaron, Nadav et Avihou, offrent « un feu étranger que D.ieu ne leur avait pas commandé » et meurent devant D.ieu. Aaron demeure silencieux devant ce drame. Suite à cela, Moïse et Aaron sont en désaccord sur un détail de la loi concernant les sacrifices, et Moïse reconnaît qu’Aaron a raison. D.ieu ordonne les lois de la cacherout, désignant les espèces permises à la consommation et celles qui sont interdites. Les animaux terrestres ne sont autorisés que s'ils sont à la fois ruminants et ont le sabot fendu. Les poissons doivent avoir des écailles et des nageoires. Une liste d’oiseaux non cachers est donnée, ainsi qu'une liste d'insectes cachers (quatre espèces de sauterelles).

La Paracha de Chemini contient également certaines lois relatives à la pureté rituelle qui incluent le pouvoir purifiant du Mikvé (un bassin répondant à des critères spécifiques) et d'une source. Le peuple juif est enjoint de « distinguer entre le pur et l'impur.

 

Les quiz de la semaine

 

1. A quelle date du calendrier correspond le 8ème jour de l’inauguration du michkan?
2. Pour quelle raison Aharon offre-t-il un korban hatat (sacrifice expiatoire) lors de l’inauguration ?
3. À quel moment le Cohen Gadol bénit-il la communauté (Bircat Cohanim) ?
4. Pour quelle raison Nadav et Avihu sont-ils morts ?
5. Quelle interdiction s’applique à un homme ivre ?
6. Un poisson qui perd ses écailles ou ses nageoires en sortant de l’eau est-il cacher ?

Commentaire de la Paracha CHEMINI

Texte: Vayikra 9:1-11:47



Le début de notre paracha raconte la mort accidentelle de Nadab et Abihou, les deux fils d’Aaron : « Les fils d'Aaron, Nadab et Abihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu, sur lequel ils jetèrent de l'encens, et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu'il le leur eût commandé. Et un feu s'élança de devant le Seigneur et les dévora, et ils moururent devant le Seigneur » (lev 10 :1). Selon la tradition midrashique, ce verset indique que chacun des deux hommes a agit seul, de sa propre initiative, gérant son propre encensoir sans concertation aucune avec son frère. C’est cela qui a causé leur perte. Car communication est à la base même de la notion de communauté, mot qui vient du latin : « communis : partagé par tous »).
C’est aussi l’importance de la communication que soulignent nos sages dans les pirké Avot (éthique des pères) : « Si deux hommes s'entretiennent de la Torah, alors l'Eternel résidera parmi eux. » (avot3 :2).
L'auteur irlandais George Bernard Shaw a dit un jour : « Le plus grand problème avec la communication est l’illusion qu’elle se soit produite ». Cette phrase illustre bien le problème que vit notre société, partitionnée par des courants d’opinions parallèles. Un exemple frappant est en Israël l’incapacité actuelle de former un gouvernement. Chacun donne la priorité aux idées auxquelles il croit, cherchant à disqualifier par tous les moyens les idées contraires. Les discours parallèles tournent en bouclent produisant des clivages irréductibles. C’est que lorsqu’on cherche à construire une société conforme a ce qu’on pense être « bien », il est facile d’en arriver à considérer ceux qui ont une opinion différente de la nôtre comme des ennemis ou des adversaires. Pourtant, la tradition juive nous pousse à aller au-delà de cette simplicité qui consiste à voir le monde en noir et blanc et à rechercher des vérités même parmi les points de vue qui ne sont pas les nôtres. Car c’est précisément dans la zone grise de ces divers points de vue que se trouve comme l’indiquent les pirké avot, la présence divine.

d’après  Rabbi Justin Goldstein http://www.myjewishlearning.com  

 

Commentaire de la Haftara CHEMINI

Texte: Vayosef Samuel II 6:1-7:17


Vayosef Samuel II 6:1-7:17
La haftara, tout comme la sidra de cette semaine, évoquent toutes deux le même problème : l’approche de Dieu, la proximité de l’Arche sainte, sont-elles sujet de bénédiction ou, au contraire, cause de malédiction et de malheurs ? Dans la sidra, en effet, Nadav et Abihou, les deux fils d’Aaron présentent à l’Eternel, dans le Tabernacle, un encensoir sur lequel ils viennent de mettre le feu. Aussitôt, une flamme s’élance de devant l’Eternel et les dévore tous deux. D’une façon analogue, dans le texte de notre haftara, Ouza, d’un geste spontané et naturel, veut retenir l’Arche sainte qui glisse du chariot sur lequel on la transporte et se trouve lui aussi frappé de mort. Dans les deux cas, les événements ont pour cadre un moment particulièrement heureux. Dans le Tabernacle, le drame se déroule le huitième jour de l’inauguration de ce sanctuaire, au moment où Aaron, pour la première fois, allait accomplir ton service en tant que grand Prêtre. A l’époque de David, il s’agit de la cérémonie de transfert à Jérusalem de l’Arche sainte se déroulant au milieu de grandes réjouissances au cours de laquelle Ouza est frappé. Si David, lui, réagit très mal au spectacle du drame qui s’est joué devant ses yeux et ne saisit pas ce qui s’est passé, Aaron, par contre, bien que doublement frappé dans sa chair et dans son cœur, continue son service, acceptant la sentence divine. Il a compris que la proximité de Dieu n’apporte aucune Immunité, n’est pas d’une manière absolue source de bénédiction et de satisfactions. Elle demande une discipline plus grande encore, une force de caractère et une obéissance sans faille aucune à la parole divine. l’Arche de l’Eternel en elle-même ne procure ni malédiction ni bénédiction; le malheur et le bonheur dépendent du comportement de celui qui s’en approche, de celui qui se trouve à proximité de Dieu.

d’après Rabbi Mordechai (Mitchell) Silverstein, http://www.uscj.org.il/commentaries/  

 

Réponses aux quiz

1. V9 :1. Le 1er Nissan.
2. V9 :2. Pour expier la faute du veau d’or.
3. V 9 :22. Après avoir fini les sacrifices, avant de descendre du mizbéah.
4. V 10 :2. Rashi propose 2 raisons 1)ils ont manqué de respect à l’égard de Moshé en donnant un enseignement (nécessité d’allumer un feu en plus du feu descendu du ciel)en sa présence 2) ils étaient ivres.
5. V 10 :9-11. Il lui est interdit d’enseigner une halakha (un cohen ne doit pas quant à lui faire de sacrifice ou faire la bircat cohanim).
6. V 11 :12. Oui.