Les textes de la semaine : Chabbat HAYE-SARAH

Résumé de la Paracha HAYE-SARAH

paracha HAYE-SARAH 5787Sarah décède à l’âge de 127 ans. Elle est inhumée dans la grotte de Makhpelah à Hébron qu’Abraham acquiert d’Efron le Hittite, pour le prix de 400 shekels d’argent.

Chargé de cadeaux, Eliézer, le serviteur d’Abraham est envoyé à ‘Haran afin d’y trouver une épouse pour Isaac. Devant le puits de la bourgade, Eliézer prie D.ieu qu’un signe lui soit donné : la jeune fille qui offrira de faire boire les chameaux avec lesquels il a voyagé sera celle qui est destinée au fils de son maître. Rébecca, fille de Bethouel, le neveu d’Abraham, accomplit le signe. Eliézer est reçu chez Bethouel à qui il relate les évènements qui viennent de survenir. Rébecca accepte de suivre Eliezer en Canaan où ils rencontrent Isaac priant dans les champs. Isaac épouse Rébecca qu’il aime profondément et par qui il est consolé de la perte de sa mère.

Abraham prend une nouvelle épouse, Kétourah (Hagar) qui lui donne six nouveaux fils, mais Isaac est désigné comme son seul héritier. Abraham décède à l’âge de 175 ans et est inhumé auprès de Sarah par ses deux premiers fils, Isaac et Ismaël

 

Les quiz de la semaine

 

1. Quels sont les 4 couples enterrés à Hebron ?
2. Quel trait de caractère Eliézer recherchait-il pour la femme d’Itshak?
3. Pourquoi Eliézer courut-il en direction de Rivka ?
4. Que voulait signifier Lavan à Eliézer quand il lui dit que la maison était « débarassée »?
5. Qui Eliézer voulait-il que Itshak épouse ?
6. Qui était Ketora ?
7. Quel présent fit Abraham à son fils ?
8. Quelle était l’âge d’Abraham à sa mort ?
9. Combien de fois le nom d’Eliézer est mentionné dans cette parcha ?

Commentaire de la Paracha HAYE-SARAH

Texte: Béréchit 23:1-25:18

La foi ne consiste pas seulement à adhérer à de grands principes. Elle passe par des gestes concrets, parfois déroutants : ne pas mélanger le lin et la laine dans un vêtement, ne pas mêler le lait et la viande dans un repas. Ces règles ne sont pas arbitraires. Le lin vient de la terre, la laine de l'animal ; les séparer, c'est reconnaître que chaque réalité a sa place et que tout confondre revient à effacer les limites. Symboliquement, le lin et la laine renvoient à Caïn et Abel, au premier meurtre de l'histoire : refuser de les mêler, c'est refuser que la violence étouffe la fragilité.
C'est cette exigence de séparation salvatrice qu'a incarnée Sarah en éloignant d'Isaac un frère devenu menaçant. Loin de se réduire à une querelle de foyer, son geste traduisait une profonde lucidité spirituelle : savoir poser des limites pour protéger une promesse et permettre à l'histoire de se poursuivre.
Dans cette quête de cohérence, l'humanité commet souvent l'erreur de privilégier l'espace au temps. Nous cherchons instinctivement à occuper la place, à laisser des traces matérielles, à bâtir des empires visibles et des patrimoines tangibles. Pourtant, la véritable mesure d'une existence ne se trouve pas dans l'étendue de ce que l'on possède, mais dans l'intensité de ce que l'on traverse. Il faut comprendre que le temps est l'espace de la vie. C'est dans la durée, dans la continuité des efforts et la fidélité à une mission intime, que l'humain accomplit sa véritable nature. Les fondations les plus solides ne sont pas celles de pierre, mais celles qui résistent à l'érosion des générations en se réinventant sans cesse.
Le plus grand péril qui guette l'individu comme les civilisations entières est l'engourdissement. S'endormir sur ses acquis, croire que les victoires d'hier suffisent à garantir le succès de demain, est une illusion fatale. L'histoire démontre que ceux qui cessent de progresser reculent, et que la routine est le prélude au déclin. Il faut maintenir une veille permanente, une exigence de renouvellement face à un monde en perpétuel mouvement
À notre époque fascinée par l'immédiateté et l'accumulation des biens, qui confond le confort avec le bonheur et nous invite sans cesse à l'engourdissement spirituel, nous avons tragiquement oublié l'art de la durée — cette patience de bâtir ce qui résiste, cette sagesse de donner du poids à l'instant plutôt que de le consumer. Nous bâtissons des espaces virtuels immenses, mais nous habitons des temps de plus en plus vides, dépourvus de cette étincelle qui seule transforme une succession de jours en une vie véritablement vécue.
Vivre, ce n'est pas seulement exister ou accumuler des réussites. C'est rester éveillé, progresser et donner un sens à chaque journée. Le véritable danger n'est pas de manquer de temps, mais de laisser passer sa vie sans jamais l'avoir pleinement vécue

d’après  Grand-Rabbin Joseph-'Haïm SITRUK   https://youtu.be/M3kmbWsLkfI 

 

Commentaire de la Haftara HAYE-SARAH

Texte: Véhamélekh David. Rois I 1:1-31

La haftara de cette semaine est tirée du premier livre des Rois, qui raconte l’histoire du royaume d’Israël depuis les derniers jours du roi David jusqu’aux règnes de ses successeurs. Ce livre nous montre comment le pouvoir se construit, s’exerce et peut aussi conduire à la chute de ceux qui le détiennent. Dans notre récit, David, devenu très vieux, ne parvient plus à se réchauffer. Ses serviteurs lui trouvent alors Avishag la Shounamite, une jeune fille d’une beauté remarquable, chargée de prendre soin de lui. Le texte rapporte : « La jeune fille était très belle, elle prit soin du roi et le servit, mais le roi ne la connut pas » (Rois I, 1:3-4).
Ce verset est cité dans le traité Sanhédrin, au folio 39b. Ce traité du Talmud est principalement consacré à la justice, à son organisation et aux responsabilités de ceux qui la rendent. Dans cette discussion, les sages s’intéressent à la manière dont les mots de la Bible peuvent révéler des significations inattendues. Rabbi Ḥanina bar Pappa s’arrête ainsi sur la description de la beauté d’Avishag. Il affirme qu’elle n’atteignait même pas la moitié de celle de Sarah. Il s’appuie pour cela sur la formulation hébraïque du verset, « belle jusqu’à l’extrême », qui suggérerait qu’elle n’atteint pas pleinement le degré de beauté absolue.
À première vue, cette comparaison étonne. Pourquoi mesurer la beauté d’une jeune fille à l’aune de celle d’une femme qui a vécu des siècles auparavant ? Peut-être faut-il voir dans ce rapprochement une invitation à dépasser la simple apparence pour réfléchir à la place de chacun face au pouvoir.
Sarah avait suscité la convoitise de puissants souverains, notamment Pharaon. Le rapprochement avec Avishag nous invite ainsi à une méditation sur la nature du pouvoir et de la retenue ? Être puissant ne signifie pas que tout devient accessible, ni que la présence d'une personne auprès de soi crée un droit sur elle.
C’est là une leçon qui dépasse largement le récit biblique. Le pouvoir ne donne pas tous les droits. Qu’il soit politique, parental, professionnel ou institutionnel, il ne trouve pas sa légitimité dans les prérogatives qu’il s’accorde, mais dans les limites qu’il accepte de respecter. Le pouvoir sans retenue devient tyrannie. Dans un monde qui confond trop souvent la force avec le droit de tout faire, rappelons-nous que la véritable grandeur ne se mesure pas à l’étendue de ce que l’on peut imposer aux autres, mais à la capacité de reconnaître ce que l’on n’a pas le droit de leur prendre

d’après sources diverses/  

 

Réponses aux quiz

1. V 23 :2. Adam et Hava, Abraham et Sarah, Itshak et Rivka, Yaacov et Léa.
2. V 24 :14. La bonté, elle devait éprouver de la compassion pour son prochain.
3. V 24 :17. Il vit que les eaux du puits montaient vers sa cruche quand elle s’en approchait.
4. V 24 :31. Il en avait ôté les idoles.
5. V 24 :39. Sa propre fille.
6. V 25 :1. Hagar
7. V 25 :5. Le pouvoir de bénir.
8. V 25 :7. 175 ans
9. Pas une seule fois !