Les textes de la semaine : Chabbat CHEMINI ATSERET

Résumé de la Paracha CHEMINI ATSERET

paracha CHEMINI ATSERET 5787

Chemini Atséret, littéralement « la solennité du huitième jour », clôt le cycle des fêtes de Tichri après Souccot. Bien qu’elle suive immédiatement la Fête des cabanes, elle constitue une célébration distincte, empreinte d’intériorité et de recueillement. Selon la tradition, D.ieu, après avoir accueilli Israël pendant sept jours de joie dans la soucca, invite son peuple à rester encore un jour auprès de Lui, comme un ami qu’on ne veut pas laisser partir.

Cette fête marque la transition entre la joie collective de Souccot et le retour à la vie quotidienne. Alors que Souccot exprimait la gratitude pour les bénédictions matérielles, Chemini Atséret recentre l’attention sur la relation spirituelle directe entre D.ieu et Israël. C’est un moment de simplicité : plus de cabane ni de symboles agricoles, mais une intimité silencieuse et confiante.

L’un des temps forts est la prière pour la pluie, Tefilat Guechem, qui ouvre la saison hivernale en Israël. L’eau, source de vie, symbolise la bénédiction céleste et la continuité du lien entre le ciel et la terre.

Dans la diaspora, Chemini Atséret est souvent associé à Sim’hat Torah, la Fête de la Torah, célébrée le lendemain en Israël. Les fidèles y dansent avec les rouleaux sacrés, exprimant la joie de vivre selon la parole divine.

Chemini Atséret est ainsi une fête d’intériorité et de proximité, un jour de douceur spirituelle où l’on goûte, dans le silence après la fête, la présence bienveillante de D.ieu.

 

Les quiz de la semaine

 

1.D'où provient le commandement d'observer le Huitième Jour d'Assemblée, Chemini Atzeret ?
2.Quand la tradition de Sim'hat Torah consistant à lire la dernière section de la Torah de l'année écoulée et la première section de l'année suivante a-t-elle débuté ?
3.Qu'est-ce que Vezot HaBerakhav (V'Zot HaBrakha) ?
4.Que représentent les circuits (hakafot) autour de la synagogue à Sim'hat Torah, selon la tradition cabbalistique ?
5.À quoi certains spécialistes pensent-ils que Chemini Atzeret était consacré à l'époque du Temple ?
6. de quelle prière la prière pour la pluie récitée à Chemini Atzeret est-elle le pendant?
7. A la fin de quelle fête se placent Chemini Atzeret et Sim'hat Torah

Commentaire de la Paracha CHEMINI ATSERET

Texte: Devarim 14:22-16:17


Les fêtes de Chemini Atséret et Simhat Torah clôturent une période intense de sanctification commencée à Roch Hachana. Elles portent deux saintetés distinctes mais complémentaires : la clôture du cycle des fêtes et la joie de terminer puis de recommencer la lecture annuelle de la Torah.

La paracha Vezot Haberakha, lue à Simhat Torah, contient les dernières bénédictions adressées par Moïse au peuple d'Israël avant sa mort. Au début de cette paracha, Moïse rappelle le don de la Torah : D.ieu est venu du Sinaï, il a brillé sur Séir, il est apparu sur la montagne de Pharan. Le Midrach en déduit que D.ieu, avant de proposer la Torah à Israël, l'a présentée à toutes les nations, qui l'ont toutes refusée. Chaque peuple a demandé ce que contenait la Torah. À Essav, D.ieu a répondu : « Tu ne tueras pas. » Essav a objecté que le fondateur de sa nation était un tueur, béni par son père pour vivre de son épée : un tel livre était inacceptable. Aux Ammonites et aux Moabites, D.ieu a répondu : « Tu ne commettras aucune débauche sexuelle. » Ils ont objecté qu'ils étaient eux-mêmes le fruit de l'inceste, issus des filles de Lot. Aux descendants d'Ismaël, D.ieu a répondu : « Tu ne voleras pas. » Ils ont objecté que la bénédiction donnée à Ismaël était de vivre du pillage et du brigandage. Alors D.ieu a présenté la Torah à Israël, qui a dit : « Naassé Venichma (Nous ferons et nous comprendrons) » — nous ne te demandons rien de ce qu'il y a dans la Torah, dis-nous ce qu'il y a et nous le ferons. Israël a ainsi montré sa soumission absolue à la volonté divine, et c'est là sa gloire.

Telle est la grande différence, et telle est la leçon. Le lien entre Vezot Haberakha et Simhat Torah est là : la joie de la Torah ne se limite pas à ce qui nous est agréable, elle s'exprime dans l'acceptation de ce qui nous coûte.

C'est dans cet esprit que ces deux jours de fête peuvent être célébrés dans la joie : faire en sorte que l'année qui vient et le nouveau cycle de lecture de la Torah qui va démarrer — avec les deux emblèmes du Hatan Torah et du Hatan Berechit — soient le signe d'une surperformance dans la mise en œuvre du programme de la Torah tout au long de l'année. Car la joie véritable de la Torah naît de l'acceptation inconditionnelle, surtout dans ce qui nous coûte..
.

d’après Rav Michel Gugenheim https://youtu.be/w-r22jo4O5Q

 

Commentaire de la Haftara CHEMINI ATSERET

Texte: Rois I 8:54-66


Rois I 8:54-66
La haftara de cette semaine est tirée du livre des Rois. Ce livre historique et prophétique retrace l'histoire des monarchies d'Israël et de Juda, mêlant récits politiques et enseignements spirituels. Le texte décrit le sommet du règne de Salomon : l'inauguration du Premier Temple à Jérusalem.
Après sept jours de fêtes intenses marquant la consécration du sanctuaire et la descente de la gloire divine, la célébration se prolonge par une fête de sept jours supplémentaires. À l'issue de cette période vient le moment de la séparation : « Le huitième jour, il congédia le peuple ; ils bénirent le roi et s'en allèrent à leurs tentes, joyeux et le cœur en fête, pour tout le bien que l'Éternel avait fait à David son serviteur et à Israël son peuple » (Rois I 8:66). Un simple verset de clôture, presque anodin.
Ce verset est cité dans le traité de Shabbat du Talmud (30a), qui fixe les lois du repos du septième jour, mais aussi sa dimension spirituelle. Les Sages s'y demandent où D.ieu choisit de se reposer, et leur réponse est frappante : la Présence divine ne s'installe pas dans la tristesse, pas dans la recherche de la souffrance, pas dans le devoir accompli sans chaleur. Comme il est écrit : « Servez l'Éternel dans la joie. » Pour illustrer concrètement les fruits d'une telle joie, les Sages citent notre verset et le décomposent mot à mot, comme on ouvrirait une noix pour en extraire toutes les amandes cachées :
« Ils s'en allèrent à leurs tentes » : ils rentrèrent retrouver leurs femmes, retrouvées pures. « Joyeux » : ils avaient joui de l'éclat même de la Présence divine. « Le cœur en fête » : cette joie fut féconde, et chaque femme conçut un fils. « Pour tout le bien que l'Éternel avait fait à David son serviteur » : ce bien, c'était le pardon — D.ieu avait effacé la grande faute de David. « Et à Israël son peuple » : cette année-là la fête de Souccot coïncidait avec le temps de Kippour, et ce péché-là avait été, lui aussi, remis.
Ainsi, le pardon divin ne se proclame pas dans un décret céleste: il se cache dans les détails ordinaires du retour à la maison, dans un verset de fête que personne n'avait remarqué. Le vrai signe que la grâce est venue, c'est le foyer redevenu chaleureux, la joie partagée, la vie qui reprend en paix. Nous passons souvent notre temps à chercher des signes célestes du pardon, dans l'attente d'une lumière qui ne vient pas. Or le vrai signe est déjà là, dans les choses simples qui reviennent à leur place. Ce qui nous sauve n'est pas l'absence de fautes, mais la capacité à repartir léger — et à reconnaître, dans le bonheur ordinaire du lendemain, la grâce silencieuse qui nous précède toujours.

d’après sources diverses/  

 

Réponses aux quiz

1.De la Torah
2.À l'époque médiévale
3.La fin du Deuteronome
4.Les sept jours de Soukkot et les sept sephirot (émanations de D.ieu)
5.Au nettoyage rituel de l'autel
6.La prière pour la rosée récitée à Pessa'h
7.Soukkot