Résumé de la Paracha TETZAVEH- CHABBAT ZAKHOR
D.ieu commande à Moïse de recevoir des Enfants d’Israël de l’huile d’olive pure pour alimenter la « flamme perpétuelle » de la Ménorah, que Aaron devra allumer chaque jour, « du soir jusqu’au matin »
Les vêtements sacerdotaux que les Cohanim devaient porter lors de leur service dans le sanctuaire sont décrits. Tous les Cohanim portaient : la ketonet ( tunique de lin), les mikhnassayim (pantalons de lin), la mitsnefet ou migbaat (turban de lin) et la avnet (longue ceinture portée au-dessus de la taille).
En plus de ces habits, le Cohen Gadol portait : le efod – une sorte de tablier, tissé de fils laine et de lin teints d’azur, de pourpre et d’écarlate et de fils d’or, le hochen – un pectoral comportant douze pierres précieuses gravées aux noms des douze tribus d’Israël, le mé’il – une cape de laine bleue, avec des clochettes en or et des ornements en forme de grenade à sa lisière, le tsits – une plaque d’or portée sur le front comportant l’inscription « Saint pour D.ieu ». Suivent les instructions pour les sept jours d’initiation dans la prêtrise d’Aharon et de ses quatre fils – ainsi que pour la fabrication de l’autel d’or sur lequel brûlait la ketoret (l’encens.).
Les quiz de la semaine
1. Quelles sont les 2 précautions à prendre pour préparer l’huile de la ménorah ?
2. Que signifie que la ménorah être allumée Tamid (toujours) ?
3. Dans quel ordre le nom des 12 tributs étaient-ils inscrits sur le Ephod (les épaulières)?
4. Combien de vêtements portait l Cohen Gadol, et le simple Cohen ?
5. Lors de l’inauguration du Michkan, les cohanim ont du apporter un sacrifice expiatoire, pour quelle faute ?
6. Quelle différence y a-t-il entre l’huile offerte dans les sacrifices et l’huile de la ménorah ?
7. Pourquoi le nom de Moché est-il absent dans cette paracha ?
Commentaire de la Paracha TETZAVEH- CHABBAT ZAKHOR
Texte: Chémot 27:20-30:10
La paracha de cette semaine nous propose une réflexion sur deux manières complémentaires de comprendre la relation entre l’humain et le divin, à travers deux perceptions de la Torah : celle de Moïse et celle d’Aaron.
La « Torah de Moïse » repose sur le présupposé d’une dignité originelle de l’être humain. L’homme est considéré a priori comme capable d’une relation directe avec le divin. La faute est une éventualité, non une certitude. La loi s’adresse à une personne responsable, capable de comprendre et de choisir le bien.La « Torah d’Aaron » en revanche, prend en compte la réalité du péché et la nécessité de sa réparation, notamment à travers les sacrifices et les rites d’expiation.
Si l’on ne retenait que la première approche, l’idéal moral serait inaccessible à la majorité des individus. Si l’on ne retenait que la seconde, toute la relation au divin serait réduite à la gestion permanente de la culpabilité. L’équilibre entre ces deux perspectives permet d’articuler idéal et réparation.Cette double perception apparaît à nouveau dans la manière dont le sanctuaire est présenté. D’un côté, une aspiration spirituelle élevée ; de l’autre, une organisation concrète avec des prêtres, des vêtements spécifiques et des rites précis. L’accès à la sainteté n’est donc pas direct : il passe par des intermédiaires et par une préparation. Cette organisation tient compte des différentes manières d’être : certains sont surtout guidés par la raison, d’autres par l’imagination et les émotions.
Or la faute naît souvent de pulsions nourries par des images et des impressions fortes. Dans ce cas, la logique seule ne suffit pas pour l’éviter. Il faut toucher les sens. Les vêtements éclatants du grand prêtre et l’encens, placé sur le chemin vers le lieu le plus saint, servent justement à orienter l’imagination vers le sacré et à rappeler que l’accès au divin demande un cheminement intérieur.
Nous aimons tous nous voir comme des êtres responsables, lucides, capables de comprendre et de choisir le bien librement. Mais l’expérience montre qu’il ne suffit pas toujours de comprendre pour faire. Savoir ce qui est juste ne protège pas automatiquement contre les pulsions néfastes. Les rituels, les symboles, ne sont pas secondaires. Ils parlent à nos sens, ils créent l’atmosphère d’un lieu, et peuvent orienter notre comportement lorsque la volonté seule vacille. La véritable maturité consiste peut-être à accepter cette double réalité : nous sommes capables de réfléchir et de choisir le bien, mais nous avons aussi besoin de structures qui nous aident lorsque nous sommes fragiles. L’idéal et la discipline ne s’opposent pas ; ils se complètent
d’après Rav Ouri Cherki : https://youtu.be/uYEgnSjkGyw
Commentaire de la Haftara TETZAVEH- CHABBAT ZAKHOR
Texte: Vayomer Chemouel. Chmouel I 15:1-34
La haftara de cette semaine est tirée du livre de Samuel qui décrit la transition d’Israël d’une période de juges à l’institution de la royauté. Le chapitre 15 de ce livre rapporte l’ordre divin transmis par le prophète Samuel à Saül : détruire totalement Amalek, en effaçant toute trace de ce peuple. Saül mène la campagne militaire avec succès, mais il épargne le roi Agag et conserve le meilleur du bétail. Samuel le lui reproche violemment et lui annonce que sa royauté ne sera pas maintenue. Au cœur de ce récit apparaît une expression énigmatique : «Saül vint jusqu’à la ville d’Amalek, et il porta la querelle dans la vallée » ( Samuel 1 15,5). Ce verset, apparemment descriptif, est cité dans le Talmud (Chabbat 56b :2) dans le cadre d’une digression haggadique consacrée à la responsabilité morale des rois d’Israël. Les sages y prolongent la réflexion talmudique sur « l’intention » et la « responsabilité » en l’appliquant aux décisions des rois.
À propos de Méphibosheth, petit-fils de Saül, le Talmud le qualifie de «fils de querelleur ». Pour justifier cette expression, la Guemara cite notre verset : « Saül vint… et il porta la querelle dans la vallée ». Les sages expliquent que Saül s’est querellé intérieurement avec Dieu faisant le raisonnement suivant : la torah demande à la société d’expier un meurtre non résolu en brisant la nuque d’une génisse dans une vallée (deut 21 :1-9).
Si la torah se soucie du meurtre d’une seule personne, comment alors justifier l’anéantissement total d’un peuple entier ?
Selon Rabbi Mani, cette comparaison révèle le dilemme de Saül entre compassion humaine et obéissance à l’ordre divin. Le Talmud présente Saül comme quelqu’un qui substitue son propre jugement moral à l’instruction reçue. Cette contestation, même motivée par une sensibilité éthique, est considérée comme une faille dans l’exercice de sa mission.
Lorsqu’on exerce une responsabilité, surtout publique, il faut savoir discerner entre un questionnement constructif et une remise en cause de la mission confiée. La conscience est une force, mais elle doit éclairer l’action, non la paralyser ; elle devient un risque lorsqu’elle affaiblit l’engagement.
C’est dans ce fragile équilibre que se joue la vraie responsabilité.
d’après sources diverses/
Réponses aux quiz
1. V 27 :20. Les olives doivent être pressées et pas écrasées, on n’en prendra que la 1ère goutte.
2. V 27 :20. Elle doit être allumée toutes les nuits (même si elle s’éteint dans la journée).
3. V 28 :10. Dans l’ordre de leur naissance.
4. V 28 :4,36,42 et 28 :40,42. le cohen gadol : 8, le simple cohen 4
5. V 29 :1. La faute du veau d’or.
6. V 29 :40. L’huile accompagnant les sacrifices provenait d’olives écrasées.
7. Comme Moché avait demandé à D.ieu d’effacer son nom de la Thora s’il refusait de pardonner à son peuple après la faute du veau d’or, sa parole fut exaucée ponctuellement.
