Les textes de la semaine : Chabbat BALAK

Résumé de la Paracha BALAK

Balak, roi de Moab, demande au prophète Bilaam de maudire le peuple d’Israël. En chemin, ce dernier est admonesté par son âne qui voit un ange, envoyé par D.ieu pour les arrêter.

Cependant Bilaam, se postant successivement en trois lieux, tente de lancer ses malédictions. Chaque fois, au lieu de malédictions, c’est une bénédiction qu’il profère. Enfin, il prophétise sur la fin des temps et la venue du Messie.

Le peuple se laisse attirer par les filles de Moab qui les incitent à servir l’idole Peor. Quand un israélite de haut rang s’isole ouvertement avec une princesse midianite dans une tente, Pin’has tue le couple, mettant fin à la plaie qui sévit parmi le peuple.

 

Les quiz de la semaine

 

1. Pourquoi Balak alla-t-il consulter le peuple de Midian pour demander conseil pour combattre le peuple d’Israël ?
2. Pourquoi D.ieu accorda-t-il la prophétie à un personnage tel que Bilaam ?
3. Comment Bilaam est-il mort (Parasha Pinhas)?
4. Pourquoi l’ange a-t-il tué l’ânesse ?
5. Quelle est le double sens de l’expression « Chetoum Haayin »(regard clairvoyant) ?
6. Quelles sont les 3 caractéristiques de Bilaam ?

Commentaire de la Paracha BALAK

Texte: Bamidbar 22:2-25:9


Bilam est-il foncièrement mauvais ? En fait, la colère de D' contre sa décision de voyager avec les messagers de Balak suggère que ses véritables intentions sont de maudire le peuple d'Israël. Cependant ce fait prouve exactement le contraire, à savoir que Bilam est un homme de haute stature ! Après tout, Bilam ne cesse de surpasser son désir personnel de maudire le peuple d'Israël et les bénit à la place "exactement comme D' le lui a ordonné". En fait, la bénédiction qu'il finit par dire apparaît comme avoir été de sa propre iniative. Pourquoi nos Sages citent-ils alors Bilam comme l'archétype du "racha" une personne mauvaise et méchante ? Simplement pour avoir eu une fois de mauvaises intentions ? En fait, une lecture attentive de la paracha dans son ensemble montre non seulement qu'il ne fait rien de mal, mais il est même plutôt un juste ! Avant de partir il dit clairement au messager de Balak qu'il ne retranchera pas un iota de ce que D' lui dira. A son arrivée à "Sdéh Moav", il bénit le peuple d'Israël au lieu de le maudire, tout comme D' le lui ordonna. Bilam est tellement "pro-Israël", qu'à la conclusion de l'histoire, Balak est tellement en colère qu'il ordonne à Bilam de s'enfuir. Pour comprendre le comportement de Bilam il est nécessaire de regarder ailleurs dans le 'Houmach, dans la paracha Matot, où la Torah nous mentionne la mort prématurée de Bilam. Quand l'armée revient de la bataille livrée contre Midyan, Moché mentionne Bilam dans sa réprimande faite aux officiers pour avoir laissé vivre les femmes: " Quoi ! Vous avez laissé vivre toutes les femmes ? Ce sont elles qui, sur la parole de Bilam ont porté les enfants d'Israël à trahir l'Eternel pour Baal-Peor ? La Guemara dans Sanhédrin (106a) explique que la parole de Bilam concerne le conseil de Bilam d’employer les filles de Moav et de Midyan pour attirer les enfants d'Israël vers le culte de l'idole "Baal Peor". C'était donc Bilam lui-même qui fut l'instigateur de l'incident des filles de Moav ! C'était cette idée d'attirer les enfants d'Israël vers le péché. Bilam est tellement impliqué, que cet incident tout entier est rattaché à son nom !

  Rav Liebtag www.tanach.org   

 

Commentaire de la Haftara BALAK

Texte: Véhaya Chéérit Yaakov. Mikha 5:6 - 6:8


Les critiques prétendent fréquemment que les prophètes n’ont cherché qu’à orienter leur génération à la moralité, mais rejetaient les actes rituels. Leur preuve, déjà relevée et réfutée par rabbi Yéhouda Halévi, auteur du Kouzari, provient des versets de notre Haftara: “Le Seigneur prendra-t-il plaisir à des hécatombes de béliers, à des torrents d’huile par myriades? Donnerai-je mon premier-né pour ma faute, le fruit de mes entrailles comme rançon expiatoire de ma vie? Homme, on t’a dit ce qui est bien, ce que le Seigneur demande de toi: rien que de pratiquer la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu!”. Ce à quoi rabbi Yéhouda Lévi répond que les prophètes s’adressaient à une société qui ne s’acquittait point de ses devoirs moraux. Pour une telle société, il serait dérisoire de s’occuper d’actes de sainteté élevée. C’est à ce sujet qu’est dit: “Le sacrifice des impies est une abomination” (Proverbes (21, 27). Ce n’est pas le cas de celui qui a déjà atteint un niveau moral minimal, pour qui les sacrifices sont bienvenus: “Ils montent sur Mon autel en sacrifice agréable, et ainsi Je glorifierai Ma glorieuse maison” (Isaïe 60, 7).
Nous comprenons dès lors le rapprochement entre la critique des sacrifices et le rappel de l’épisode de Balaam et Balak: “O Mon peuple! Rappelle-toi seulement ce que méditait Balak, roi de Moab, et ce que lui répondit Balaam, fils de Beor; de Chittîm à Ghilgal, tu as pu connaître les bontés de l’Eternel!” (Michée 6, 5). Balaam et Balak pensaient que les sacrifices étaient agréables en tant que tels quand bien même ils servaient une cause abominable comme l’éradication du peuple d’Israël, ce pourquoi ils multiplièrent les sacrifices. Ce qui fut révélé alors est que c’est la tendance morale portée par Israël qui dicte la direction des actions de la providence divine. Les valeurs agissant sur l’Histoire par l’intermédiaire du peuple d’Israël, justifiant son existence éternelle, ne dépendent pas du respect dévoilé qui leur est porté par le peuple d’Israël. Bien au contraire, il peut parfois sembler au simple observateur que le peuple d’Israël ne se conforme pas aux standards de la morale universelle. Mais une observation plus générale, portant son regard du haut des montagnes, “oui, je le vois de la cime des rochers”, sait affirmer “qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob! Tes demeures, ô Israël!”, même à un moment où le peuple d’Israël se situe aux Chittîm préoccupé par des vanités. Il semble que c’est ce que le prophète a insinué, lorsqu’il dit: “de Chittîm à Ghilgal”, soit en tout temps, que le peuple soit aux profondeurs morales aux Chittîm, ou qu’il soit occupé par le service du Tabernacle à Ghilgal.

d’après Rav Oury Cherki   http://noahideworldcenter.org/    

 

Réponses aux quiz

1. V22.4. Moshé ayan résidé à Midian, il pensait que les Midianim devaient savoir où résidait sa force.
2. V22 :5. Sans cela les nations auraient pu argumenter : si nous avions eu des prophètes, nous aurions été des justes.
3. V22 :23. Il fut tué par l’épée, c’est pourquoi l’ange tenait une épée.
4. V22 :33. Car on aurait dit que l’ânesse a eu le dernier mot contre Bilaam. Or D-ieu a le souci du respect de la personne humaine.
5. V24 :3. 1) Oeil crevé. 2) Oeil (au singulier) ouvert. Ce qui implique bien qu’il était borgne.
6. V24.2. Le mauvais oeil, l’orgueil, la cupidité