Les textes de la semaine : Chabbat EMOR

Résumé de la Paracha EMOR

La paracha énonce d’abord les lois concernant les Cohanim (les prêtres), le Cohen Gadol (le Grand-Prêtre) et le service du Temple. Ainsi, un Cohen, un prêtre, ne doit pas se rendre rituellement impur par le contact avec un cadavre excepté pour un parent proche. Il ne peut épouser « une femme prostituée ou déshonorée » ni même une divorcée. Un Cohen atteint d'une difformité ne peut effectuer de service dans le Temple de même qu’un animal atteint d’une malformation ne peut y être offert.

La paracha énumère ensuite les Convocations Saintes, les fêtes du calendrier juif. L’offrande de la Pâque, le 14 du mois de Nissan vers le soir, et les sept jours de la fête de Pâque commençant le 15 Nissan sont d’abord énoncés. L’offrande de l’Omer sur les prémices de la moisson a lieu au second jour de la fête de Pâque à partir duquel, pendant quarante-neuf jours, a lieu le Compte de L’Omer qui aboutit à la fête de Chavouot, le cinquantième jour

Emor se termine par l’incident lors duquel un homme fut exécuté pour blasphème et l’énoncé des peines applicables en cas de meurtre (la mort) et de blessure à son prochain ou dégradation de sa propriété (compensation financière)..

 

Les quiz de la semaine

 

1. Comment doit-on honorer le cohen ?
2. Qui dans la maison du cohen a le droit de manger la Trumah ?
3. Quelle différence y a-t-il entre néder » (voeu) et « nédavah » (offrande) ?
4. A-t-on le droit d’abattre le même jour un animal et son « père » ?
5. Comment la thora définit-elle le « hilloul hachem » (profanation du nom divin) ?
6. Quelle est la particularité du « Omer » relativement aux autres offrandes de « minha » ?

Commentaire de la Paracha EMOR

Texte: Vayikra 21:1-24:23

La paracha de cette semaine énonce un commandement : celui de ne pas déshonorer le nom de D.ieu. : « Ne déshonorez point mon saint nom, afin que je sois sanctifié au milieu des enfants d'Israël, moi, l'Éternel, qui vous sanctifie » (lev 22 :32)
La sanctification du nom de D.ieu repose sur une idée forte : la vie humaine ne se limite pas à l’existence matérielle, mais doit devenir le lieu où se manifeste une fidélité plus haute. L’homme, par ses actes, peut donner du poids à la présence de Dieu dans le monde, ou au contraire l’effacer symboliquement par un comportement contraire à ses valeurs. Cette responsabilité est immense, car elle signifie que chaque geste humain possède une portée spirituelle.
Le sacrifice suprême, celui de donner sa vie plutôt que de renier Dieu dans certaines circonstances extrêmes, représente le sommet de cette fidélité. Il montre que l’attachement au divin peut dépasser l’instinct le plus naturel : celui de survivre. Une telle exigence peut sembler difficile à comprendre dans un monde où la vie individuelle est souvent considérée comme la valeur absolue. Pourtant, elle révèle une vision dans laquelle l’âme, la vérité et la mission spirituelle dépassent les limites du corps et du temps.
Mais cette idée ne concerne pas seulement les situations dramatiques. Elle se retrouve aussi dans les choix quotidiens. Chaque fois qu’une personne choisit le bien plutôt que la facilité, la prière plutôt que la distraction, la droiture plutôt que l’intérêt personnel, elle consacre une partie de sa vie à une cause plus grande qu’elle-même. La sainteté ne se joue donc pas uniquement dans l’héroïsme exceptionnel, mais aussi dans la fidélité discrète du quotidien.
La prière du Kaddish exprime précisément cette volonté d’élever le nom de Dieu dans le monde. Elle ne parle pas directement de la mort, mais de grandeur, de paix et de révélation divine. Récitée par les endeuillés, elle devient un acte puissant : elle transforme la douleur en élévation, le deuil en responsabilité, l’absence en fidélité vivante. Elle rappelle que les vivants peuvent encore agir pour ceux qui ne peuvent plus agir eux-mêmes.
Ainsi, sanctifier le nom divin, ce n’est pas seulement mourir pour Dieu ; c’est surtout vivre de manière à ce que chaque parole, chaque choix et chaque renoncement rende le monde un peu moins obscur. La vraie question n’est peut-être pas de savoir si l’on serait prêt à tout donner en un instant, mais si l’on accepte déjà de donner quelque chose, chaque jour.

d’après  Rabbi Yaakov Wolbe  https://youtu.be/Li97Byh4vXE 

 

Commentaire de la Haftara EMOR

Texte: Véhacohanim, Halviyim. Ezéquiel 44:15-31

La haftara de cette semaine est tirée du livre d’Ézéchiel, un livre né au cœur de l’exil, lorsque le peuple d’Israël, éloigné de sa terre et privé de son Temple, doit réapprendre à espérer. Ézéchiel ne parle pas seulement de consolation ; il décrit une reconstruction spirituelle, un monde où le sanctuaire retrouvera sa place et où ceux qui le servent devront incarner une exigence particulière. Les prêtres descendants de Tsadok sont présentés comme ceux qui sont restés fidèles lorsque d’autres se sont égarés. Ils ont la responsabilité d’exercer le service divin, d’enseigner au peuple la différence entre le pur et l’impur, de juger avec droiture et de vivre selon des règles strictes. Ces règles touchent leur conduite, leur apparence, leur manière de se nourrir, mais aussi leur vie familiale. C’est dans ce cadre que s’inscrit le verset : Ezéquiel 44:22 : « Ils ne prendront pour femmes ni veuve, ni répudiée, mais seulement des vierges de la maison d’Israël ; toutefois la veuve qui sera veuve d’un sacrificateur, ils pourront la prendre ».
Ce commandement ne doit pas être lu comme une simple restriction sociale, mais comme l’expression d’une responsabilité symbolique : le prêtre, parce qu’il sert dans un espace de sainteté, porte cette sainteté jusque dans les choix les plus intimes de son existence. Ce verset est cité plusieurs fois dans le Talmud de Jérusalem, traité Kiddushin 4:6:5. Le traité Kiddushin traite des lois du mariage, des liens familiaux, du statut personnel et des conséquences juridiques de l’union entre différentes catégories d’Israël.
Dans ce passage, la discussion cherche à définir qui peut entrer dans la famille sacerdotale et quel est le statut des descendants issus d’unions problématiques, notamment lorsqu’un prêtre a eu une relation interdite avec une femme divorcée, ou lorsqu’il est question de convertis et de leurs enfants. Le verset d’Ézéchiel est cité parce qu’il contient l’expression « de la descendance de la maison d’Israël », qui devient le point de départ d’un débat : faut-il que l’origine israélite vienne du père, de la mère, des deux, ou suffit-il que l’enfant soit né et grandi dans la sainteté d’Israël ? Derrière ces distinctions techniques se cache une question profonde : qu’est-ce qui transmet la dignité, l’appartenance et la capacité de servir le sacré ? La leçon dépasse le cadre des prêtres. Une vie sainte ne se construit pas seulement par de grands élans spirituels, mais aussi par des choix de relation, de fidélité et de transmission. Car ce que nous bâtissons dans le secret de nos familles devient l’empreinte visible que nous laissons derrière nous

d’après sources diverses/  

 

Réponses aux quiz

1.V21 :8. Il a la priorité sur toutes les choses concernant la sainteté (ex. monter le premier au séfer-thora ou diriger le bircat hamazon).
2.V22 :11. Lui, sa femme, ses fils, ses filles célibataires, ses esclaves non-juives.
3.V22 :18. Le néder se rapporte à une personne, la nédavah à un objet.
4.V22 :28 Oui, la thora n’interdit cela que pour sa « mère ».
5.V22 :32. La non observation volontaire de Ses commandements.
6.V23 :16. Il est composé de farine d’orge (et non pas de blé).