Les textes de la semaine : Chabbat LEKH-LEKHA

Résumé de la Paracha LEKH-LEKHA

paracha LEKH-LEKHA 5787Abram quitte sa demeure natale et se dirige vers le pays qui verra la grandeur du peuple formé par ses descendants. Or, une famine survient en Canaan qui l’oblige à chercher un refuge provisoire en Egypte. Une "ruse de guerre " préserve sa femme de la cupidité du Pharaon. De retour dans le pays, une dispute s’élève entre les pasteurs des troupeaux d’Abram et ceux de Loth, son neveu. Ce dernier préfère se séparer de son oncle, et choisit la riche contrée de Sodome pour y faire paître ses moutons. Dans une guerre entre roitelets du Sud, Loth risque d’être emmené en captivité, il est sauvé par la prompte intervention d’Abram. Dans une vision nocturne, D.ieu annonce à Abram une postérité innombrable. Une alliance solennelle conclut le pacte entre D.ieu et son premier serviteur.

Désespérant de voir enfanter son épouse, Abram accepte sa proposition et prend une concubine, Hagar, qui lui donne un fils, Ismael. La circoncision concrétise alors l’alliance déjà annoncée et Abram, devenu Abraham, s’y soumet à l’âge de 99 ans. Ismael, son fils, était âgé de 13 ans lorsqu’il reçut, lui aussi, le signe de l’alliance

 

Les quiz de la semaine

 

1. Que signifie « toutes les familles de la terre seront bénies par toi »?
2. Qui était Amrafel ?
3. Pourquoi Abrahal a-t-il donné le Maaser (la dîme) à MalkiTsedek?
4. À partir de quel évènement sont décomptées les 400 ans d’exil ?
5. Que signifie la promesse faite par D. à Abraham « Et tu rejoindras tes ancêtres en paix » ?
6. Comment D. accomplit-il la promesse faite à Abraham « Et tu seras enterré après une bonne vieillesse »?
7. Qui était le père de Hagar ?

Commentaire de la Paracha LEKH-LEKHA

Texte: Béréchit 12:1-17:27

Le récit d'Abraham commence par un départ. Après les générations dévoyées du déluge et de la tour de Babel, l'humanité semblait engloutie dans l'idolâtrie et l'orgueil. Puis surgit un homme qui refuse d'accepter le monde tel qu'il est. Encore jeune, il observe le ciel et la terre, le soleil qui se lève et se couche, la lune qui croît et décroît, et il se demande : « Comment un palais peut-il exister sans maître ? Où est le propriétaire de la maison ? » Cette question simple est à l'origine de toute la spiritualité d'Abraham : il ne faut pas adopter les croyances ambiantes par habitude, mais chercher soi-même la vérité. Il ne fut pas choisi par D.ieu ; il choisit D.ieu. La première étape de la foi naît d'une interrogation sincère.

Le premier ordre divin adressé à Abraham, « Va pour toi », signifie bien plus qu'un changement de lieu. Il s'agit d'un appel à un voyage intérieur : « Va vers toi-même. » Abraham devait quitter sa terre, sa patrie et la maison de son père, trois niveaux de dépouillement correspondant aux habitudes, à la culture et aux schémas familiaux. Pour devenir soi-même, il fallait laisser derrière soi tout ce qui définissait son identité jusqu'alors. La Torah ne précise aucune destination, seulement « la terre que je te montrerai », car le voyage spirituel ne s'achève jamais : c'est un cheminement continu, une vision sans cesse renouvelée.

Cette démarche a cependant un prix : la solitude. Celui qui refuse de penser comme tout le monde risque d’être incompris, voire rejeté. Abraham accepte cette épreuve parce qu’il place la vérité au-dessus du désir de plaire. Mais sa solitude n’est pas un repli sur lui-même. Bien au contraire, plus sa conviction s’affirme, plus il cherche à la partager. Sa solitude est née de sa connexion au divin, non de sa séparation des hommes, et elle l'attache à l'humanité au lieu de l'en couper. D'où l'étonnante expression que l'on récite trois fois par jour dans la prière : « Bouclier d'Abraham ». Celui qui marche seul pour la vérité devient un bouclier pour les autres, transformant sa propre vulnérabilité en une force qui protège, guide et inspire.
Dans un monde hyperconnecté, rempli d'algorithmes qui nous enferment dans nos opinions, où l'on se sent souvent incompris malgré l'entourage, le message d'Abraham résonne avec une acuité renouvelée. Nous adorons aujourd'hui de nouvelles idoles : l'approbation, la conformité, le confort matériel. Comme Abraham, nous devons nous interroger, quitter nos bulles, ne pas laisser la foule décider à notre place de ce qui est vrai. Car en définitive, la question qu'il faut oser se poser demeure la même, hier comme aujourd'hui : « Où est le maître de la maison ? » — et celui qui la pose a déjà commencé son chemin vers la réponse

d’après  Rabbi Chaim Richmans   Jerusalem Lights  https://youtu.be/UUJOqxgqVcQ   

 

Commentaire de la Haftara LEKH-LEKHA

Texte: Lama Tomar. Isaïe 40:27:41:16

La haftara de cette semaine est tirée du livre d’Isaïe, l’un des grands livres prophétiques de la Bible. Isaïe s’adresse à un peuple confronté aux épreuves, qu’il cherche à réconforter en lui rappelant la fidélité de D.ieu et la promesse d’un avenir. Sur fond de châtiment des nations, une promesse est formulée : Israël, descendant d'Abraham, ne doit pas craindre, car D.ieu est avec lui, le fortifie et l'aide. D.ieu déclare ainsi : « Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob que j’ai choisi, descendance d’Abraham qui m’a aimé » (Isaïe 41:8).
Cette expression, qui présente Abraham comme celui qui aime D.ieu, est reprise dans le traité Sotah 31a du Talmud. Ce traité s’intéresse notamment aux comportements humains, à leurs motivations et à leurs conséquences. Dans cette discussion, les sages s’interrogent sur la différence entre celui qui sert D.ieu par amour et celui qui le sert par crainte. Job sert de point de comparaison : peut-on agir par fidélité et par respect sans que l’amour soit le moteur principal ? Abraham, lui, incarne une relation fondée sur l’amour. Les sages soulignent la supériorité de cet engagement : la récompense de celui qui agit par amour s’étend sur deux mille générations, bien au-delà de celle qui accompagne le service inspiré par la crainte.
Cette comparaison soulève une question essentielle : qu’est-ce qui donne sa force et sa durée à une transmission ? La crainte peut conduire à obéir, à respecter une règle ou à éviter une faute. Mais l’amour donne un sens à l’action. Il ne s’agit plus seulement de faire ce qui est demandé, mais de comprendre pourquoi cela mérite d’être fait. Une règle imposée peut être suivie tant que celui qui l’impose est présent ; une conviction profonde, elle, peut continuer à vivre même en son absence.
Le verset associe Abraham, Jacob et Israël dans une même continuité. Il nous rappelle que l’héritage ne se transmet pas uniquement par des paroles ou des obligations, mais aussi par l’exemple que nous donnons. Nos enfants retiendront-ils seulement les règles que nous leur avons enseignées, ou comprendront-ils ce qui nous les rendait si précieuses ? La qualité de notre transmission dépend de la sincérité de notre propre engagement.
Dans un monde où l’on cherche souvent à obtenir l’obéissance par la contrainte, la véritable transmission consiste à faire naître l’amour de ce qui mérite d’être transmis. Car les règles peuvent guider une génération, mais seul l’amour peut donner envie aux suivantes de poursuivre le chemin

d’après sources diverses/  

 

Réponses aux quiz

1. V 12 :3. Quelqu’un qui veut bénir son fils dira « que tu sois comme Abraham ».
2. V 14 :1. Nimrod, la thora l’appelle Amrafel car il a dit (à Abraham) tombe (dans la fournaise) (Amar Fel).
3. V 14 :20. Car il était cohen
4. V 15 :13. A partir de la naissance d’Itshak.
5. V 15 :15. Que son père Térah fera Tchouva et deviendra un juste.
6. V 15 :15. Abraham mourut après qu’Ichmael fit tchouva et avant que Essav ne devint un Rachaa.
7. V 15 :15. Pharaon