Les textes de la semaine : Chabbat VA'ETHANAN

Résumé de la Paracha VA'ETHANAN

Moïse raconte au peuple comment il a imploré D.ieu afin qu’il lui soit permis d’entrer sur la terre d’Israël. Mais D.ieu lui a opposé un refus, lui commandant de gravir une montagne pour apercevoir, de son sommet, la Terre Promise.

Continuant sa « répétition de la Torah », Moïse fait le rappel de l’Exode d’Égypte et du Don de la Torah : des événements sans aucun précédent dans l’histoire de l’humanité. Car « un peuple a-t-il jamais entendu la voix de D.ieu parlant au milieu du feu, comme toi tu as entendu... et a survécu ?... A toi, il t’a été montré, pour savoir que l’Éternel est D.ieu... Qu’il n’existe rien d’autre que Lui ».

Moïse prédit cependant qu’au cours des générations futures, le peuple s’éloignera de D.ieu, qu’il servira des idoles et sera exilé de sa terre, dispersé parmi les nations. Mais alors, il cherchera D.ieu et reviendra au respect de Ses commandements.

La Paracha Vaet’hanane contient aussi la répétition des Dix Commandements et les versets du Chéma qui expriment le fondement de la foi juive : l’unité de D.ieu (« Écoute Israël, l’Éternel est notre D.ieu, l’Éternel est Un ») avant de commander l’amour de D.ieu, l’étude de Sa Torah, le port des téfilines (les phylactères) et la pose d’une mézouza aux portes de nos habitations.

 

Les quiz de la semaine

 

1. Quel moment précis Moïse a-t-il choisi pour formuler sa prière, pourquoi ?
2. Que signifie « Ta forte main » pour D-ieu ?
3. Que représente le « Lévanon » que rappelle Moïse dans sa prière ?
4. Comment le décret divin d’interdire à Moïse d’entrer en Israël l’affecta même après sa mort ?
5. Quelle est l’allusion que l’on déduit de mot « vénochantem » (vous ferez « de vieux os dans le pays »)?
6. Où le peuple d’Israël a-t-il reçu la mitsva d’honorer son père et sa mère ?

Commentaire de la Paracha VA'ETHANAN

Texte: Dévarim 3:23-7:11


Dans notre Paracha, se joue le destin particulier de Moché Rabbénou car il sollicite d’Hachem le droit d’accompagner le peuple en Israël. Or, parmi les prescriptions que D.ieu donne aux Enfants d’Israël concernant leur installation en Erets Israël, il en est une qui concerne la désignation de villes-refuge pour ceux qui causent la mort d’autrui par accident. Trois villes-refuge seront ainsi désignées à l’intérieur des frontières d’Israël et trois autres de l’autre côté du Jourdain où vivront les tribus de Reuven, Gad et la demi-tribu de Ménaché. Ces villes-refuge ne joueront leur rôle protecteur que lorsque la conquête sera achevée et que l’ensemble des six villes de refuge auront été désignées. Pourtant, Moché s’empresse dès notre Paracha de nommer les villes-refuge qui se situeront de l’autre côté du Jourdain, alors qu’elles n’entreront en fonction que quelque 20 ans plus tard. Rachi nous donne une explication à propos de cette décision de Moché. Moché s’est dit : « Toute Mitsva que j’ai la possibilité d’accomplir, je l’accomplirai. ». Moché Rabbénou désirait si ardemment accomplir les Mitsvot que dès qu’une Mitsva se présentait à lui, il s’empressait de l’accomplir. Peu importe que l’exécution de cette Mitsva na fût que partielle, peu importe qu’elle n’ait pas encore d’utilité concrète, le fait d’exécuter la volonté de D.ieu suffisait à Moché, et il ne souhaitait en aucun cas différer son accomplissement. Ces mots de Rachi nous rappellent l’importance des Mitsvot, et la manière dont nous devons les vivre. En effet, dans la avodat Hachem, le service divin, l’homme peut être tenté de considérer la Mitsva comme une prescription qu’il doit certes accomplir, mais au même titre qu’il doit accomplir toute une série d’activité dans sa journée. Ce faisant, l’homme intègre le commandement divin, la Mitsva, dans un temps social et il perd le goût si précieux d’absolu et de transcendant que la Mitsva recèle. Il ramène, pour ainsi dire, l’infini dans le fini, l’intemporel dans le temporel.

d’après Jérome TOUBOUL www.thora-box.com      

 

Commentaire de la Haftara VA'ETHANAN

Texte: Nahamou Isaïe 40:1-26


Dès que le jeûne de Ticha bé Av s’éloigne, nous rentrons immédiatement dans la période de la né’hama, la consolation. En quoi sommes nous « consolés » ? En fait, nous lisons lors dans la haftara l'expression redondante « Na’hamou, na’hamou ami yomar éloké’hem (…) [Consolez, consolez Mon peuple dit votre D.ieu] ». Or lorsque le Maître de l'univers nous fait une promesse, nous savons qu'elle n’est pas conditionnée mais que c’est une certitude. Nous sommes donc amplement consolés par cette parole divine. Dans le judaïsme, la consolation est donc une certitude que les événements passés - même les plus dramatiques - se transformeront un jour en bien... comme il en est de la disparition d’une personne dont Hachem a promis la résurrection, Lui qui « redonne la vie aux morts » ! De par cette affirmation, nous rentrons dans une autre dimension de la Torah qui est l’attente de ce qui va advenir. Les trois semaines entre le 17 Tamouz et le 9 Av, sont une période de peine qui culmine à Ticha bé Av. C’est précisément lorsque nous sommes dans l’obscurité et la plus grande des difficultés que va germer le salut ! La tradition dit ainsi que le Machia'h naît dans les dernières heures du 9 Av pour signifier que la Rédemption advient toujours du sein de l’obscurité la plus totale… Cette notion ne peut que nous rappeler le moment où en 1945, notre peuple exsangue sortait de la plus grande tragédie de toute son histoire depuis la destruction du Temple. Et pourtant, quelques années après, ce peuple renaissait de ses cendres ! Or il est à présent en passe de devenir ce que les prophètes ont décrit comme la « lumière du monde », son but avoué étant de guider l’humanité entière vers les chemins d’Hachem. La Né’hama, c’est donc tout cela ! Après trois semaines passées dans l'affliction, nous entamons sept chabbatot de consolation ! Car seule une personne rassérénée, rassurée et consolée peut aborder le jour du Jugement de Roch Hachana, le pardon de Yom Kippour et la haute joie de la fête de Souccot. En fait, le peuple d’Israël n’a pas une histoire « triste » : elle est certes parfois très difficile, mais elle débouche toujours sur le bien.

par le Rav Yossef Haïm SITRUK zal www.thora-box.com      

 

Réponses aux quiz

1. V3 :23. Après sa victoire contre Sihon et Og, il avait conquis des parties d’Erets Israël, il a donc pensé que la décision de D-ieu de lui interdire d’entrer en Israël était levée.
2. V3 :24. Sa volonté de pardonner.
3. V3 :25. C’est le Bet-Hamikdach, cas Levanon vient de Lavan (blanc), le Bet Hamikdach « blanchit » les fautes du peuple.
4. V4 :22 : Même sa dépouille ne put être enterrée en Israël.
5.V4 :25 : Elle est de 852 qui correspond au nombre d’années avant le premier exil (en fait 850, soit 2 de moins qu’annoncée)
6. V5 :16 : A Mara, à la sortie d’Egypte, donc avant le don de la Thora.