Commentaire de la Paracha PINHAS

Texte: Bamidbar 25:10-30:1


La Paracha de Pin’has a ceci de spécifique qu’elle coïncide avec la période des 3 semaines entre le 17 Tamouz et le 9 Av, période durant laquelle nous commémorons la destruction du Beth Hamikdach, le Temple de Jérusalem. Or, cette Paracha évoque le Temple à de nombreuses reprises à travers les sacrifices qui y étaient apportés tous les jours, mais aussi durant les fêtes. Voilà donc une opportunité de nous souvenir, en ces jours difficiles, de ce que le monde a perdu avec la destruction du Temple, et de prier avec ferveur pour sa reconstruction très prochaine, avec l’aide de D.ieu.
À l’occasion de la fête de Souccot, la Paracha mentionne les sacrifices qui y étaient apportés. Ces sacrifices étaient composés notamment de taureaux, de béliers et d’agneaux. Sur l’ensemble de la fête de Souccot, 70 taureaux étaient apportés au Temple, et nos Sages nous enseignent qu’ils symbolisaient les 70 nations. Ces offrandes apportaient ainsi une protection contre les calamités à toutes les nations du monde, comme nous le rappelle Rachi dans son commentaire sur le verset suivant : « Leurs oblations et leurs libations, pour les taureaux, les béliers et les agneaux, à proportion de leur nombre, auront lieu d'après le rite ».
Leurs oblations (Min’ha) et leurs libations (Néssakhim) pour les taureaux : les taureaux offerts pendant Souccot sont au nombre de 70, tout comme les 70 nations du monde qui vont en diminuant graduellement (Soucca 55b). C’est pour elles un signe de déclin, et à l’époque du Temple, ils les protégeaient contre les souffrances. Cet épisode nous rappelle que l’universalisme du judaïsme et de la Torah se loge précisément au cœur de son particularisme. Le Temple de Jérusalem, le lieu le plus saint du judaïsme encadré par des règles de pureté très rigoureuses, se révèle également être le lieu de l’ouverture aux autres nations, de la sollicitude à leurs égards, et en fin de compte, un lieu de paix pour l’ensemble de l’humanité. Contrairement à la pensée commune qui considère que l’universalisme et l’ouverture à l’autre requièrent comme préalable l’abandon des particularismes, la Torah réussit cette prouesse de faire résider l’universel au cœur du particulier. .
source:d’après     Jérôme TEBOUL  http://www.torah-boc.com