Commentaire de la Paracha TERUMAH
Texte: Chémot 25:1-27:19
Il y a un principe important dans le judaïsme, celui qui veut que D.ieu crée la solution avant qu’un problème ne se présente.
Ce principe est clé dans la compréhension de la Paracha de cette semaine selon une thèse soutenue par certains commentateurs qui y voient la réponse anticipée de D.ieu au péché du veau d’or,
Comprendre la Paracha Terouma, nécessite donc de comprendre comment les choses ont dérapé lors de l’épisode du veau d’or.
La thèse la plus simple consiste bien sûr à attribuer ce péché à un manque de leadership de la part de Aaron, qui aurait dû opposer une résistance plus ferme aux désirs du peuple.
Une lecture du texte plus approfondie suggère que Moise pourrait en fait être le responsable pour s’être coupé du peuple par une absence prolongée du camp. Les mots sévères que lui adresse D.ieu : «
Va, descend, car TON peuple, que TU as tiré d’Egypte se pervertit » (32 :7) suggère que le problème du veau d’or est le sien, et que sa place est en bas avec le peuple et non en haut avec D.ieu.
Une troisième hypothèse enfin est celle que le problème ne réside pas tant dans la distance entre Moise et son peuple que dans la distance entre D.ieu et le peuple. Celui-ci avait en effet fait l’expérience de la force omniprésente du seigneur. Ils l’avaient vu fendre la mer, et sortir l’eau du rocher. Ils avaient entendu sa voix sur le mont Sinai et en avaient été terrifiés. Peut-être ne créent-ils pas le veau d’or pour adorer une nouvelle idole, mais simplement parce qu’ils recherchent une image de D.ieu qui ne soit pas effrayante.
La Paracha de cette semaine contient la réponse à cette demande : «
Et ils me construiront un sanctuaire, pour que je réside au milieu d'eux » (25 :8). C’est là que réside la logique du Mishkan : il donne pour la première fois aux israélites l’occasion de rendre à D.ieu ce qu’il leur a donné en lui construisant une demeure, et ce, uniquement sur la base de contributions volontaires. En faisant cette demande, D.ieu rapproche le peuple de lui en lui donnant une chance de donner. Et c’est pourquoi la construction du mishkan est le remède au péché du veau d’or, parce qu’une société qui ne fait que recevoir sans jamais donner est condamnée à vivre dans la dépendance et sans fierté.
C’est aussi pour cela que ce sont les responsabilités et non les droits qui doivent primer dans une société. Donner c’est plus que contribuer, c’est s’élever. Nous survivons grâce à ce que nous recevons, mais c’est avec ce que nous donnons que nous gagnons notre dignité.
source:d’après Rabbi Sacks Z’l https://rabbisacks.org