Commentaire de la Paracha SHEMOT
Texte: Chémot 1:1-6:1
LLa paracha Shemot introduit le deuxième livre de la Torah, dont le thème principal est la sortie des enfants d’Israël d’Égypte.
Le titre Shemot signifie «
Les noms », et ce thème est omniprésent dans la paracha. Les noms des descendants d’Israël (Jacob) qui vont séjourner en Égypte sont d’abord cités, puis le texte parle des «
enfants d’Israël », puis du peuple dans son ensemble. Les identités individuelles semblent ainsi progressivement s’effacer au profit d’une identité collective.
Les parents de Moïse ne sont pas nommés explicitement, et le nom de Moïse n’apparaît pas à sa naissance : c’est «
la fille de Pharaon », elle-même non nommée, qui le lui donne. Enfin, le nom de D.ieu, Hachem, resté caché jusqu’ici, est révélé à Moïse dans cette paracha. Pharaon lui-même s’interrogera sur ce D.ieu : qui est-Il, et a-t-Il réellement autorité sur lui ?
L’un des thèmes centraux de cette paracha est ainsi la révélation de D.ieu à Moïse en tant qu’individu, lors de l’épisode du buisson ardent. Cette révélation se prolongera ensuite aux yeux de Pharaon, puis du reste du monde,
D.ieu semble à la fois absent face à la souffrance engendrée par le régime totalitaire de Pharaon — au point que des mères juives, mais aussi égyptiennes, obéissent au décret ordonnant de jeter les nouveau-nés mâles dans le Nil — et pourtant Il se révèle sous un nouveau nom, c’est-à-dire sous une nouvelle dimension, qu’Il n’avait pas révélée aux patriarches (pour lesquels la divinité se manifestait sous le nom de El Chaddaï).
Cette révélation à Moïse se fait de manière paradoxale : D.ieu se manifeste tout en se dérobant au regard. Le buisson ardent représente à la fois le passé, le présent et le futur. D.ieu se rapproche de l’individu et entre en relation avec lui, tout en demeurant à distance.
La sortie d’Égypte marque ainsi un point d’équilibre dans la relation entre les hommes et D.ieu. Les hommes ne sont pas voués à être uniquement soumis à un D.ieu tout-puissant et lointain, capable de les détruire comme lors du Déluge ; mais ils ne sont pas non plus tout-puissants, comme se l’imagine Pharaon dans un monde où D.ieu semble absent. D.ieu apparaît comme un partenaire, capable de transmettre Sa volonté à un individu afin de construire l’Histoire avec lui.
La relation du peuple à sa terre se met également en place à ce moment. Les enfants d’Israël ne devaient séjourner en Égypte que le temps de la famine, mais ils y sont restés bien après sa fin. Le peuple d’Israël se constitue donc en exil, afin de conserver la conscience que la terre lui est attribuée par D.ieu, et que le lien à cette terre dépend du lien entretenu avec D.ieu. .
source:Rav Ouri Cherki, Rav Dynovisz, Akadem