Commentaire de la Paracha SHEMOT
Texte: Chémot 1:1-6:1
«
Et il arriva, en ce temps-là, que Moïse, devenu grand, sortit pour aller vers ses frères et vit leur lourd travail, et il vit un Égyptien frapper un Hébreu, un de ses frères. Alors, s’étant tourné de côté et d’autre et voyant qu’il n’y avait personne, il tua l’Égyptien et le cacha dans le sable ». Ce premier acte de Moise adulte marque le départ de la rébellion juive contre l’oppresseur égyptien, était-il pour autant justifié, ou simplement le résultat d’une colère incontrôlée. Cette question, a été le sujet de nombreuses controverses dans la littérature rabbinique. L’exode Rabah (midrach relatif à l’Exode-12e siècle) indique que Moïse n’a pas commis de meurtre en tuant l’Egyptien car celui-ci avait trompé la femme de l’Hébreu pour commettre l’adultère et s’apprêtait à tuer le mari qui avait découvert l’histoire. Bien que motivé par le désir de combattre l’injustice Moise a dû payer le prix de cet acte en s’enfuyant d’Egypte. La libération des hébreux en a été retardée de 60 ans. Le talmud, citant Rabbi Yochanan voit la colère comme une inclination vers le mal : «
Celui qui déchire ses vêtements ou brise les verres de colère devrait être considéré comme un idolâtre car il est sous l’emprise du malin qui finira par lui faire faire ce qu’il veut ». Rabi Avin n’est pas de cet avis ; il voit dans l’acte de déchirer ses vêtements un effet positif qui permet d’exprimer ses sentiments et de se détourner du penchant à faire le mal. Moise, lui, se laisse emporter par cette colère impétueuse qui va lui permettre de se dépasser, et il en paye le prix. Imaginons un instant un monde sans colère. Aurions-nous l’énergie d’y combattre l’injustice sans cette rage de vouloir changer les choses ? Ne serait-ce pas un monde ou rien n’a d’importance ? D’un autre côté, que penser d’un monde où la colère règne en maitre, sans limites ?
Alors que notre pays traverse actuellement une période de revendications intenses, il convient plus que jamais de définir un équilibre délicat entre la «
bonne colère » ; celle qui permet d’initier le changement en extériorisant ses frustrations et la mauvaise qui pousse à tout détruire, car si un monde sans colère est un monde sans espoir, un monde de colère est un monde de chaos.
source:sources diverses