Commentaire de la Haftara NITSAVIM-VAYELEKH

Texte: Chouva Israël Hochaa 14:2-14:10


SOS assis Isaïe 61:10-63:9
La haftara de cette semaine est tirée du livre d'Isaïe, prophète de la consolation qui porta l'espérance au cœur de l'exil. Isaïe parle à un peuple meurtri, à une Jérusalem délaissée, et lui promet que le deuil finira en fête, que l'abandon deviendra alliance. Le prophète y décrit l'amour inconditionnel du Créateur pour Jérusalem et la promesse d'une rédemption joyeuse où la désolation passée fait place à une gloire nouvelle. C'est au cœur de ce chant d'allégresse qu'Isaïe emploie une image nuptiale d'une grande beauté pour décrire le renouveau de cette alliance : « Comme un jeune homme se marie à une vierge, tes fils se marieront à toi ; et comme la fiancée fait la joie de l'époux, tu seras la joie de ton Dieu » (62:5).
Ce verset prend une résonance singulière lorsqu'il est cité dans le Talmud, au sein du traité Sanhedrin (99a :9) qui traite du droit pénal, de l'organisation de la justice et de l'autorité des tribunaux. Le dixième chapitre, appelé Helek, est consacré à des réflexions théologiques sur le monde à venir et l'ère messianique. La discussion énumère ceux qui n'ont pas de part au monde à venir, puis ceux qui en ont, et cherche à définir la nature de leur récompense. Les Sages s'interrogent sur ce que l'homme doit attendre de l'au-delà et répondent que la récompense ultime ressemble à cette joie nuptiale, à cette intimité pleine entre le Créateur et son peuple. La métaphore de l'amour entre époux, de la fiancée qui fait la joie de son bien-aimé, devient ici un principe directeur. Il indique que la relation entre Dieu et Israël n'est pas celle d'un maître à son serviteur, ni celle d'un juge à l'accusé, mais bien celle d'époux à épouse, d'une présence qui demeure, qui réjouit, qui comble et qui s'approfondit. Le temps de la rédemption est le temps de la présence, pas seulement du salut. C'est un temps où l'on ne subit plus une délivrance, mais où l'on habite pleinement l'alliance.
Cette lecture peut changer notre regard sur la foi et sur l'attente. La foi n'est plus une attente anxieuse d'une délivrance qui viendrait d'ailleurs, comme si le ciel devait être conquis. C’est une direction que l'on choisit, ici et maintenant, dans l'instant présent, dans le sourire que l'on offre, dans la promesse que l'on tient, dans l'amour que l'on ose, dans la fidélité silencieuse qui transforme le quotidien. La vraie question n'est pas de savoir quand viendra le salut, mais comment on habite l'attente. Chaque acte de fidélité, chaque moment de présence, chaque parole sincère construit déjà le monde à venir.
d’après sources diverses/