Roni Akara Isaïe 54:1-54:10
La haftara de cette semaine devrait nous être familière. Elle constitue, scindée en deux parties, deux des sept haftarot de consolation qui sont lues entre tishaa beav et rosh hachana. Ces haftarot ont pour vocation de nous aider à nous consoler après la commémoration de la destruction du temple et de nous préparer à la nouvelle année.
Alors que celle-ci vient de commencer et que nous recommençons le cycle de lecture de la torah, l’espoir suscité par la création de l’homme à l’image de D.ieu fait vite place à la consternation face aux catastrophes qui s’accumulent : expulsion d’Eden, meurtre de Cain, et enfin le désastre du déluge. Isaïe prend pleinement conscience de la précarité de notre existence, et pourtant contre toute attente, il nous demande de nous réjouir car nous entrons dans une nouvelle relation avec D.ieu. Comment est-ce possible ? Notre haftara propose un recadrage : certes nous souffrons toujours, nous nous sentons abandonnés, craintifs et en détresse, mais nous ne devons pas considérer cette situation comme normale. Des temps meilleurs sont annoncés : « Un court instant je t'ai délaissée, et avec une grande miséricorde je veux te recueillir ». Plutôt que de considérer les points bas comme représentatifs de notre vie, sous sommes invités par le prophète à les considérer comme des épreuves passagères et à envisager les développements positifs auxquels elles peuvent aboutir. Le verset 9 du texte qui nous ramène a l’histoire du déluge illustre bien ceci : « Certes, je ferai en cela comme pour les eaux de Noé : de même que j'ai juré que le déluge de Noé ne désolerait plus la terre, ainsi je jure de ne plus m'irriter ni diriger des menaces contre toi. ».
C’est à nous de choisir l’histoire que nous racontons et la haftara de cette semaine nous donne la permission de raconter une histoire d’espoir et de création alors même que nous sommes entourés par le désespoir.
d’après Bex Stern Rosenblatt , http://www.conservativeyeshiva.org/torahsparks /