Commentaire de la Haftara TERUMAH

Texte: V'H Natan hokhma Rois I 5:26-6:13

La haftara de cette semaine est tirée du Premier livre des rois, qui raconte l’installation d’Israël sur sa terre, l’édification de la royauté puis les tensions spirituelles qui traversent la nation. Après le règne de David, s’ouvre celui de Salomon, marqué par la sagesse, la paix et la stabilité politique. Le texte décrit l’alliance entre Salomon et Hiram, roi de Tyr, la préparation des matériaux, l’organisation des corvées et, finalement, le début de la construction du Temple à Jérusalem. Au cœur de cette description architecturale, un verset fixe les dimensions de l’édifice : « La maison que le roi Salomon bâtit pour l’Éternel avait soixante coudées de long, vingt de large et trente de haut » (I Rois 6:2). Ce verset, apparemment technique, devient dans le Talmud (sanhedrin 7a) la source d’une réflexion spirituelle.
Le traité Sanhédrin, traite principalement de l’organisation des tribunaux, des procédures judiciaires et des principes de justice. À la page 7a, la discussion porte sur la responsabilité morale du juge et plus précisément sur la question de savoir s’il est simplement permis ou véritablement recommandé de proposer une médiation avant de trancher un litige. Dans ce contexte, le verset ci-dessus est cité dans une réflexion opposant deux époques : dans le désert, la Présence divine reposait entre les barres de l’Arche, dans un espace de dix « téfa’him » seulement ; plus tard, sous Salomon, elle est associée à un Temple aux dimensions majestueuses. Mais un autre verset vient rappeler que le ciel est le véritable trône divin et que nul bâtiment ne peut contenir l’Infini. Pourquoi invoquer ce verset dans une discussion sur les conflits et le jugement ? Parce que la Guemara établit un parallèle entre la qualité des relations humaines et la capacité d’un lieu à accueillir la Présence divine. Un espace minuscule suffit si les hommes sont unis. Mais lorsque la discorde s’installe, même un sanctuaire immense devient insuffisant.
La discussion talmudique conclut que le juge doit intervenir dès le début d’un différend, avant qu’il ne s’enracine et ne s’élargisse comme une brèche dans une digue. Car une société capable de rechercher le compromis, d’apaiser les tensions dès leur naissance, pour préserver la paix, crée un espace spirituel vaste, même dans la simplicité matérielle.
Ainsi, la grandeur d’un sanctuaire ne se mesure pas à sa taille mais à la paix qui y habite.
d’après sources diverses/