Commentaire de la Haftara BEHAR-BEHUKKOTAI

Texte: H' Ozi Oumaouzi. Jérémie 16:19 - 17:14


H' Ozi Oumaouzi. Jérémie 16:19 - 17:14
A la fin de notre Haftara, le prophète Jérémie adresse a D.ieu la prière suivante : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri ; sauve-moi et je serai sauvé, car tu es l'objet de mes louanges » (17 :14). La douleur exprimée par le prophète dans cette prière n’est pas physique ; elle résulte de son angoisse face au message pessimiste qu’il est chargé de transmettre au peuple. Jérémie ne demande donc pas une guérison physique, mais plutôt de ressentir le soutien de la main de D.ieu.
Cette prière individuelle sert de base à la huitième bénédiction que nous recitons pendant la Amida les jours de semaine. Dans cette bénédiction nous implorons D.ieu d’apporter la guérison aux malades de la communauté : « Guéris-nous, Seigneur, et nous serons guéris ; sauve-nous et nous serons sauvés, car tu es l'objet de nos louanges ». Les rabbins ont donc transformé la prière individuelle de Jérémie en prière communautaire. Cette transformation, cependant, pose un problème, car la tradition rabbinique indique que les versets bibliques ne devraient pas être modifiés : « Un verset écrit au singulier ne doit pas être transformé au pluriel ; un verset pluriel ne doit pas être transformé au singulier » (Tosefta Megillah 3:41).
Les commentateurs bibliques ont proposé un certain nombre de solutions à ce problème : Selon Meir Halevi Abulafia, (Espagne 12eme siècle), cette loi ne fait référence qu’à la traduction de versets bibliques. Il est permis de les changer s’ils doivent être utilisés dans une prière. Rabenou Yonah (Espagne 12eme siècle) va dans le même sens en indiquant qu’un verset utilisé dans une prière est retiré de son contexte et c’est pourquoi les changements sont permis.
En élargissant la portée d’une prière personnelle pour qu’elle couvre la communauté tout entière, les sages nous apprennent à regarder au-delà de nos préoccupations individuelles, et de prêter attention à celles de ceux qui nous entourent.
d’après Rabbi Mordechai (Mitchell) Silverstein, http://www.uscj.org.il/commentaries/