Commentaire de la Haftara VAYEHI

Texte: Vayikrévou. Rois I 2:1-12

La haftara de cette semaine décrit un passage clé de transition entre le règne de David et celui de Salomon.
David, sur le point de mourir, exhorte Salomon à être fort, à se conduire en homme, et lui rappelle que la solidité de sa royauté dépendra de sa fidélité à D.ieu. Conscient que son règne a laissé des affaires non réglées, David évoque ensuite trois personnages qui symbolisent des injustices ou des tensions non résolues, susceptibles de menacer la stabilité du royaume:
Joab, chef militaire coupable de meurtres, que David n’a pas puni par crainte d’une guerre civile ; il demande à Salomon d’agir avec sagesse afin qu’il n’ait pas une fin paisible..
Barzillaï, notable qui a soutenu David dans ses moments les plus critiques, dont la fidélité doit être récompensée.
Shimeï, ennemi politique qui a publiquement maudit David lors de sa fuite devant Absalom : « Voici, tu as près de toi Shimeï, fils de Guéra, Benjamite de Bahurim, qui proféra contre moi des malédictions cruelles le jour où j’allais à Mahanaïm ; puis il descendit à ma rencontre vers le Jourdain, et je lui jurai par l’Éternel : Je ne te ferai point mourir par l’épée. »
Ce verset est cité dans le Talmud de Babylone, traité Shabbat (Shabbat 105a), un traité qui traite principalement des trente-neuf travaux interdits le jour du Shabbat.
Cette page aborde cependant une question plus large : l’impact des actes accomplis avec une intention de violence intérieure, même lorsqu’ils ne constituent pas une transgression technique. Les Sages y montrent que la malédiction de Shimeï envers David n’est pas une simple insulte, mais une accusation totale, profondément violente — un véritable acte de destruction symbolique.
Or, si l’usage de la parole ne fait pas partie des trente-neuf interdictions du Shabbat, son respect exige une retenue du langage et de l’agressivité. Le Shabbat ne demande pas seulement le repos du corps, mais le désarmement de la volonté de nuire.
Ainsi, si sur le plan strictement halakhique l’accusation de Shimeï n’aurait pas constitué une violation du Shabbat, elle en contredit profondément l’esprit. Cela nous rappelle que le pouvoir de la parole est réel : un seul mot peut façonner ou détruire des relations. Le Shabbat n’est pas seulement un jour sans travail ; c’est un temps de désarmement intérieur, un exercice hebdomadaire de non-violence, qui nous apprend à faire un usage plus juste et plus responsable de la parole au quotidien
d’après sources diverses/