Commentaire de la Haftara BECHALLAH

Texte: Vatachar Dévora. Choftim 5:1-31

La haftara de cette semaine est tirée du Livre des Juges, et le texte est connu sous le nom de « Cantique de Déborah », un poème lyrique célébrant la victoire d'Israël sur les Cananéens sous la direction de la prophétesse Déborah et du chef militaire Baraq. Le texte commence par un chant de triomphe, entonné par Déborah et Baraq, rendant gloire à Dieu pour avoir secouru Israël. Avant la victoire, Israël vivait dans la peur et la misère : le peuple était sans défense face aux Cananéens, faute de guerriers. Déborah se présente comme une « mère en Israël », un symbole de leadership et de renouveau. Elle souligne le courage des tribus qui ont répondu à l’appel à la guerre et invite les différentes classes du peuple à se joindre à ses louanges :« Vous qui montez de blanches ânesses, vous qui êtes assis sur des tapis, et vous qui parcourez les chemins, chantez ! »
Ce verset est repris avec de manière étonnante dans un midrash du Talmud (Érouvin 54b) qui discute de la façon dont la Torah doit être étudiée et contient de nombreux enseignements sur le rôle de la mémoire, de la répétition et de l’humilité dans l’étude.
Dans ce contexte, ce texte du Talmud cherche à illustrer comment la Torah se renouvelle sans cesse pour ceux qui la méditent, et propose de nombreuses métaphores. L’une d’elles s’appuie précisément sur le verset ci-dessus, utilisé pour faire l’éloge des érudits de la Torah :
« Ceux qui voyagent sur de blanches ânesses » : ce sont les sages qui voyagent pour enseigner la Torah et la rendent claire comme la lumière du jour, à l’image de la couleur de leur monture.
« Ceux qui sont assis sur des tapis » : ce sont ceux qui jugent avec justice.
« Ceux qui parcourent les chemins » : ceux qui connaissent la Torah, mais qui sont moins érudits que les sages du Talmud.
Alors que le Cantique de Déborah célèbre les différents groupes ayant contribué à la victoire sur les Cananéens, le Talmud applique cette idée aux érudits de la Torah, reconnaissant les différentes classes de sages et leur importance.
Cela nous rappelle que la Torah est une chaîne vivante. Chacun a son rôle dans la transmission de cette chaîne : certains approfondissent, d’autres enseignent, d’autres appliquent. Mais tous sont nécessaires à son fonctionnement.
C’est cette idée qui est généralisée dans le dicton : « Il faut de tout pour faire un monde »
d’après sources diverses/