Commentaire de la Haftara YITRO

Texte: Bichnat mot. Isaïe 6:1-13


La haftara de cette semaine commence par une affirmation du prophète Isaïe : « L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé ; et les pans de sa robe remplissaient le temple » (6 :1). Même s’il s’agit d’une métaphore, elle est surprenante car les métaphores sont généralement tenues de respecter le verset : « Car nul homme ne peut me voir et vivre » (ex 33 :20) pour être crédibles.
Les sages (talmud de Babylone, Yebamot 49b) racontent que le roi Menassé a interpelé Isaïe à ce sujet de la manière suivante : « Moïse ton maître a dit que « nul homme ne peut me voir et vivre », or tu dis « je vis le Seigneur siégeant sur un trône élevé et majestueux » ». Isaïe déclina de répondre à Menassé car la question était destinée à railler.
Pourtant, les possibilités de réponse à une telle question ne manquent pas. On peut évoquer l’existence de différents niveaux de dévoilement, les moyens divers de nommer le divin, la différence entre la vision de face et celle de l’arrière, mais il semble que ces distinctions n’ont guère préoccupé les prophètes. Si nous pouvions demander aujourd’hui à Isaïe de préciser sa vision, il est probable que sa réponse serait « j’ai simplement vu le seigneur », sans préciser si cette vision est essentielle, ou existentielle, matérielle ou immatérielle.
Malgré l’impossibilité de comprendre la nature de sa vision, Isaïe, nous livre toutefois une information importante : cette divinité détachée de toute autre créature, déclarée par les séraphins « Saint, Saint, Saint », signifiant séparé à l’extrême (comme l’explique rabbi Yéhouda Halévi indiquant qu’Isaïe a entendu le mot « Saint » sans fin), est celle qui « emplit la terre de sa gloire », qui est proche de l’homme, qui ne l’abandonne pas, mais au contraire veille sur tous ses faits et gestes et répond à ses prières. C’est peut-être là le message premier que nous transmet le prophète.
d’après Oury Cherki , http://noahideworldcenter.org