Commentaire de la Haftara LEKH-LEKHA

Texte: Lama Tomar. Isaïe 40:27:41:16

La haftara de cette semaine est tirée du livre d’Isaïe, l’un des grands livres prophétiques de la Bible. Isaïe s’adresse à un peuple confronté aux épreuves, qu’il cherche à réconforter en lui rappelant la fidélité de D.ieu et la promesse d’un avenir. Sur fond de châtiment des nations, une promesse est formulée : Israël, descendant d'Abraham, ne doit pas craindre, car D.ieu est avec lui, le fortifie et l'aide. D.ieu déclare ainsi : « Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob que j’ai choisi, descendance d’Abraham qui m’a aimé » (Isaïe 41:8).
Cette expression, qui présente Abraham comme celui qui aime D.ieu, est reprise dans le traité Sotah 31a du Talmud. Ce traité s’intéresse notamment aux comportements humains, à leurs motivations et à leurs conséquences. Dans cette discussion, les sages s’interrogent sur la différence entre celui qui sert D.ieu par amour et celui qui le sert par crainte. Job sert de point de comparaison : peut-on agir par fidélité et par respect sans que l’amour soit le moteur principal ? Abraham, lui, incarne une relation fondée sur l’amour. Les sages soulignent la supériorité de cet engagement : la récompense de celui qui agit par amour s’étend sur deux mille générations, bien au-delà de celle qui accompagne le service inspiré par la crainte.
Cette comparaison soulève une question essentielle : qu’est-ce qui donne sa force et sa durée à une transmission ? La crainte peut conduire à obéir, à respecter une règle ou à éviter une faute. Mais l’amour donne un sens à l’action. Il ne s’agit plus seulement de faire ce qui est demandé, mais de comprendre pourquoi cela mérite d’être fait. Une règle imposée peut être suivie tant que celui qui l’impose est présent ; une conviction profonde, elle, peut continuer à vivre même en son absence.
Le verset associe Abraham, Jacob et Israël dans une même continuité. Il nous rappelle que l’héritage ne se transmet pas uniquement par des paroles ou des obligations, mais aussi par l’exemple que nous donnons. Nos enfants retiendront-ils seulement les règles que nous leur avons enseignées, ou comprendront-ils ce qui nous les rendait si précieuses ? La qualité de notre transmission dépend de la sincérité de notre propre engagement.
Dans un monde où l’on cherche souvent à obtenir l’obéissance par la contrainte, la véritable transmission consiste à faire naître l’amour de ce qui mérite d’être transmis. Car les règles peuvent guider une génération, mais seul l’amour peut donner envie aux suivantes de poursuivre le chemin

d’après sources diverses/