Commentaire de la Haftara SHEMOT

Texte: Ben Adam. Ezékiel 16:1-13


Ben Adam. Ezékiel 16:1-13
La Haftara de Chemot est controversée. Les ashkénazes lisent Isaïe 27-28 alors que les sépharades lisent le premier chapitre de Jérémie comme le premier Chabbat après le jeûne du 17 Tamouz marquant le commencement de la période de deuil. La tradition sépharade n’est pas claire. Pourquoi reprendre un passage qui est déjà lu dans un autre contexte, qui plus est de malheur ? Il semble que l’explication repose sur le fait qu’à l’origine était lue comme Haftara de Chemot le même texte que dans les communautés du Yémen, de Bagdad et de Tunis, à savoir Ezéchiel 16. Or il est dit dans la Michna : « Rabbi Eliezer dit : l’on ne récite pas comme Haftara « fais connaître à Jérusalem ses abominations » ‘qui est le début de notre haftara) ». Quand bien même la Hala’ha n’a pas été tranchée selon cette Michna, il semble que ce qui est raconté dans le Talmud a contraint à renoncer à ce passage : « il est raconté qu’un homme lisait ce passage à proximité de rabbi Eliezer. Il lui dit : « avant de chercher les abominations de Jérusalem, commence par vérifier les abominations de ta mère ! » L’on vérifia et une ombre fut trouvée ». Malgré cela, dans ces communautés la tradition fut conservée. Mais hormis l’ouverture du chapitre 16 d’Ezéchiel forte de remontrances ouvertes, qu’est-ce que cette Haftara est belle ! Elle est emplie de l’amour de Dieu pour Son peuple La quantité d’expressions exprimant le soin dévoué de l’amant à son amante met certes en évidence la déception ressentie par la trahison de l’amante, mais elle dévoile avant tout qu’à la source existe un amour intense et inconditionnel entre le Saint Béni soit-Il et la communauté d’Israël. C’est cet amour qui s’est exprimé lors de la sortie d’Egypte alors qu’Israël ne méritait pas d’être délivré, et c’est à nouveau cet amour qui s’est exprimé de nos jours permettant la délivrance d’Israël et la création de son Etat. Ce même thème se retrouve aussi dans les Haftarot choisies par les autres communautés, dans Jérémie : « Je te garde le souvenir de l’affection de ta jeunesse, de ton amour au temps de tes fiançailles » ou dans Isaïe : « Désormais, Jacob ne sera plus mortifié, désormais son visage ne doit plus pâlir ».
Rav Oury Cherki  http://noahideworldcenter.org