Commentaire de la Haftara EKEV
Texte: Vatomer Tsion Isaïe 49:14-51:3
Vatomer Tsion Isaïe 49:14-51:3
Différemment de la précédente haftara de consolation, celle-ci est située à un point beaucoup plus avancé, à la fois en ce qui concerne la chronologie de l'exil et le progrès spirituel. Le peuple d'Israël ne subit plus le choc de l'exil et n'est plus abasourdi, mais réagit à la nouvelle situation créée. Le dialogue présenté dans notre haftara traite non pas du choc et de la douleur causés par la déportation mais de la durée de l'exil. La conclusion selon laquelle Dieu a oublié son peuple que le prophète met dans sa bouche découle de la longueur et de la signification de l'exil. L'argument selon lequel il a été abandonné et oublié ("Mais Sion a dit: Le Seigneur m'a abandonné et mon Seigneur m'a oublié") exprime le sentiment de la disparition à long terme et de l'absence continue de Dieu.
La réponse du prophète qui console le peuple au nom de Dieu adopte une double tactique. Tout d'abord, la réponse immédiate implique une promesse que la rédemption arrivera rapidement et que l'exil va bientôt prendre fin:
«
Tes enfants se dépêchent; tes destructeurs et ceux qui t'ont fait perdre se sont éloignés de toi. Lève les yeux autour de toi et vois: tous se rassemblent et viennent à toi… »
Ensuite, le prophète présente la relation entre Israël et Dieu et démontre qu'elle n'a pas été distendue, mais qu'elle continue et continuera d'exister à long terme.
Le prophète ne nous informe pas de la raison donnée par Israël pour leur sentiment d'abandon. Ce sentiment existentiel que la longueur de l'exil atteste qu’ils ont été oubliés, (à D. ne plaise !) est enraciné dans une certaine compréhension de la relation entre Israël et Dieu, qui s’articule autour du concept de Maître à serviteur. Cette conception peut laisser la place à un éventuel abandon de l’esclave pas son maître. Mais cette forme de la relation n’est vraie que vu par le serviteur. Dans la perspective du Maître (D.ieu) cette relation est partie intégrante du projet de la création et ne saurait être remise en cause.
d’après Harav Mosheh Lichtenstein, https://www.etzion.org.il