Commentaire de la Haftara CHEMINI
Texte: Vayosef Samuel II 6:1-7:17
Vayosef Samuel II 6:1-7:17
La haftara, tout comme la sidra de cette semaine, évoquent toutes deux le même problème : l’approche de Dieu, la proximité de l’Arche sainte, sont-elles sujet de bénédiction ou, au contraire, cause de malédiction et de malheurs ? Dans la sidra, en effet, Nadav et Abihou, les deux fils d’Aaron présentent à l’Eternel, dans le Tabernacle, un encensoir sur lequel ils viennent de mettre le feu. Aussitôt, une flamme s’élance de devant l’Eternel et les dévore tous deux. D’une façon analogue, dans le texte de notre haftara, Ouza, d’un geste spontané et naturel, veut retenir l’Arche sainte qui glisse du chariot sur lequel on la transporte et se trouve lui aussi frappé de mort. Dans les deux cas, les événements ont pour cadre un moment particulièrement heureux. Dans le Tabernacle, le drame se déroule le huitième jour de l’inauguration de ce sanctuaire, au moment où Aaron, pour la première fois, allait accomplir ton service en tant que grand Prêtre. A l’époque de David, il s’agit de la cérémonie de transfert à Jérusalem de l’Arche sainte se déroulant au milieu de grandes réjouissances au cours de laquelle Ouza est frappé. Si David, lui, réagit très mal au spectacle du drame qui s’est joué devant ses yeux et ne saisit pas ce qui s’est passé, Aaron, par contre, bien que doublement frappé dans sa chair et dans son cœur, continue son service, acceptant la sentence divine. Il a compris que la proximité de Dieu n’apporte aucune Immunité, n’est pas d’une manière absolue source de bénédiction et de satisfactions. Elle demande une discipline plus grande encore, une force de caractère et une obéissance sans faille aucune à la parole divine. l’Arche de l’Eternel en elle-même ne procure ni malédiction ni bénédiction; le malheur et le bonheur dépendent du comportement de celui qui s’en approche, de celui qui se trouve à proximité de Dieu.
d’après Rabbi Mordechai (Mitchell) Silverstein, http://www.uscj.org.il/commentaries/