La haftara de cette semaine est tirée du livre de Zacharie, l'œuvre de l'un des derniers prophètes, contemporain du retour de l'exil à Babylone, alors que le Second Temple se reconstruit et que Jérusalem renaît péniblement de ses ruines.
Zacharie annonce un monde transformé, où la souffrance d'Israël ne formera plus la fin de l'histoire, mais seulement une étape avant la délivrance. Son dernier chapitre porte cette espérance à son sommet : les nations se lèveront contre Jérusalem, mais Dieu Lui-même descendra combattre pour sa ville ; le mont des Oliviers se fendra, des eaux vives jailliront, et les survivants des nations viendront chaque année y célébrer la fête de Soukkot. C'est dans ce triomphe universel, où plus aucun peuple ne se dressera contre un autre, qu'apparaît ce verset : « Et l'Éternel sera Roi sur toute la terre ; en ce jour-là, l'Éternel sera Un et Son nom sera Un. »(14:9) C'est l'aboutissement de la prophétie : la souveraineté divine reconnue par tous dans une unité absolue.
Le Talmud, dans le traité Pessahim — qui traite des lois de Pessah : l'élimination du hametz, le sacrifice pascal, le Seder — cite ce verset dans une discussion sur la différence entre ce monde et le monde à venir : la récompense des mitsvot est-elle reçue ici ou là-bas ? Et ce verset çi dessus est alors cité (Pessahim 50a), posant une question qui renverse sa logique : « Est-ce à dire que maintenant Il n'est pas Un ? » Rav Nahman répond : ici-bas, nous bénissons différemment ce qui est bon (« Béni soit celui qui est Bon et qui fait le bien ») et ce qui est mauvais (« Béni soit le Juge de vérité (Baroukh Dayan Aemet) »), comme s'il y avait deux réalités ; là-bas, il n'y aura qu'une seule bénédiction, la première, car tout sera perçu comme bien.
Alors que Zacharie décrit une révolution cosmique , le Talmud déplace la question au cœur de la conscience humaine. L'unité de Dieu n'attend pas d'être proclamée du dehors — elle attend d'être reconnue du dedans. Ce n'est pas Dieu qui changera ce jour-là, mais notre regard, qui percevra l'unité sous la diversité de l'expérience humaine.
Mais il n’est pas nécessaire d'attendre la fin des temps pour voir le monde s'unifier. Chaque fois que nous cherchons le sens derrière l'épreuve, relions ce qui semble brisé et aimons notre prochain malgré nos différences, nous anticipons ce jour. L'unité de Dieu commence là où notre propre regard cesse de diviser
d’après sources diverses/