Commentaire de la Paracha NITSAVIM-VAYELEKH
Texte: Dévarim 29:9-31-30
La parasha Nitzavim nous offre un enseignement essentiel sur la proximité de la voie divine : : «
Car cette loi que je t'impose en ce jour, elle n'est ni trop ardue pour toi, ni placée trop loin. Elle n'est pas dans le ciel, pour que tu dises: "Qui montera pour nous au ciel et nous l'ira quérir, et nous la fera entendre afin que nous l'observions?" Elle n'est pas non plus au delà de l'océan, pour que tu dises: "Qui traversera pour nous l'océan et nous l'ira quérir, et nous la fera entendre afin que nous l'observions? » (Deut 30:11).En quoi consiste donc cette loi si proche qui ne réside ni dans les cieux ni au-delà des mers?
Ramban répond sans détour : il s'agit du repentir. Même celui qui se trouve aux confins de la terre peut revenir. Il lui suffit de confesser de sa bouche, de tourner son cœur vers la source, et d'accepter la voie pour l'avenir.
Sforno partage cette lecture mais y ajoute une nuance. Le repentir n'exige ni prophète ni sage venu de loin. Chaque personne, même en exil, possède en elle-même la clé de ce retour.
Rabbeinu Bachya élargit le champ. Pour lui, ce commandement inclus aussi l'ensemble de la Torah. Elle n'est pas un savoir caché réservé aux esprits exceptionnels. Elle se donne à qui s'y applique sincèrement.
Malbim rejoint Rabbeinu Bachya sur l'objet mais demande : si cette voie est si naturelle, pourquoi l'humain s'en éloigne-t-il ? Pour lui, l'obstacle n'est ni géographique ni intellectuel. Il ne se trouve ni dans la bouche ni dans les actes, mais dans le cœur. Car il existe en nous une force d'inertie, une résistance intime souvent décrite comme un cœur endurci ou incirconcis. Ce cœur endurci agit comme un filtre déformant. Il nous fait désirer l'éphémère au détriment de l'éternel, nous éloignant de la lumière vers laquelle nous devrions naturellement nous tourner.
Baal HaTurim complete le débat en une formule fulgurante. Le repentir possède une force égale à celle de tous les commandements réunis. Ainsi, ce que Ramban et Sforno lisent comme un commandement particulier, et ce que Rabbeinu Bachya et Malbim lisent comme l'ensemble de la voie, se rejoignent dans une même réalité.
Ces voix ne s'annulent pas. Le repentir est un chemin personnel. La Torah est un héritage accessible à tous. L'obstacle est intérieur, mais l'outil pour le franchir l'est tout autant.
La voie n'est jamais aussi loin qu'on le croit. Elle commence exactement là où l'on se tient. .
source:d’après Yonatan HaLevi https://www.hidabroot.com